La semaine s’achève sur une note positive pour DroneShield, dont le titre a clôturé vendredi à 1,37 euro, en hausse de 4,07 % sur la séance. Ce rebond s’inscrit dans une dynamique plus large : sur les sept dernières séances, l’action a gagné 17,64 %, poursuivant la correction amorcée après la révision à la baisse des prévisions annuelles et la publication des résultats semestriels. Malgré ce sursaut, le titre demeure environ un quart sous sa moyenne mobile à 200 jours, signe que la prudence reste de mise.
RfRecon, un nouvel outil de guerre électronique
L’australien, spécialisé dans la lutte anti-drones, a dévoilé aujourd’hui un nouveau produit baptisé RfRecon. Ce dispositif portable de reconnaissance des fréquences radio, conçu pour les clients de la défense et de la sécurité, permet d’identifier et de localiser les activités de spectre électromagnétique sur le terrain. Il s’appuie sur l’architecture propriétaire RfAI-3 de l’entreprise et vient compléter l’offre existante avec une composante mobile, là où les systèmes traditionnels sont souvent stationnaires.
Ce lancement intervient dans une période charnière. DroneShield a enchaîné les annonces de contrats ces dernières semaines, consolidant sa position sur le marché de la contre-mesure drone. Fin juillet, l’entreprise a signé via son revendeur Cobbs Belux deux accords d’un montant total de 23,2 millions de dollars australiens pour la fourniture de solutions anti-drones montées sur véhicules à un client militaire européen non divulgué. Environ 21 millions de dollars australiens de ce montant seront comptabilisés au cours de l’exercice en cours. Quelques semaines plus tôt, en juin, DroneShield avait déjà conclu un contrat de 24,9 millions de dollars australiens avec la Joint Interagency Task Force 401 du département de la Défense américain, portant sur des solutions mobiles et fixes.
Un carnet de commandes qui rassure, des marges qui interrogent
Le groupe met en avant son carnet de commandes pour contrebalancer l’effet de la révision de ses prévisions. Au 28 juillet, le chiffre d’affaires déjà ferme pour 2026 s’élevait à 206 millions de dollars américains, soit 95 % du total des revenus enregistrés en 2025. Pour les années à partir de 2027, 26 millions de dollars américains sont d’ores et déjà sécurisés. Un argument de poids alors que le marché digère encore la guidance ajustée : le management ne table plus que sur 250 à 270 millions de dollars américains de revenus pour l’exercice 2026, soit 17 à 23 % sous le consensus précédent d’environ 323 millions de dollars américains.
Les explications avancées par la direction tiennent à une modification de la composition des revenus, à des effets de change et à une dépréciation sur les matières premières. Cette dernière a pesé sur la marge brute du premier semestre, ramenée à 60 %, contre 65 % un an plus tôt. Le chiffre d’affaires semestriel a néanmoins progressé de 74 % pour atteindre 125,8 millions de dollars américains. Pour le second semestre, l’entreprise vise un retour à une marge brute d’environ 65 %, portée par la prochaine génération de matériel et la montée en puissance des revenus d’abonnement — un volet que DroneShield cherche à développer, notamment via des mises à jour logicielles qui améliorent les capacités de détection sans nécessiter de nouveaux équipements.
Le marché reste partagé
Les investisseurs peinent toutefois à trouver un consensus. Début août, le titre figurait parmi les valeurs les plus vendues à découvert du marché australien, avec un niveau de short interest avoisinant 15 %. Une défiance qui contraste avec les positions des analystes. Baxter Kirk, de Bell Potter Securities, a réitéré sa recommandation d’achat le 28 juillet, tout en ramenant son objectif de cours de 4,80 à 2,50 dollars australiens. Deux jours plus tard, Mark Yarwood de Petra Capital a confirmé une recommandation d’achat avec un objectif de 2,46 dollars australiens. Les analystes de Canaccord Genuity, Richard Harrisberg et Owen Humphries, maintiennent quant à eux leur note d’achat spéculatif, mais ont réduit leur cible de 3,75 à 2,80 dollars australiens. À l’inverse, Jefferies a dégradé le titre à Underperform début août, avec un objectif de 2,05 dollars australiens.
L’expansion civile, nouveau relais de croissance
Au-delà des contrats militaires, DroneShield élargit son périmètre vers la sécurité civile. L’entreprise prépare ainsi le déploiement de sa surveillance de l’espace aérien urbain dans la région de Kansas City, à l’approche de la Coupe du monde de football 2026. Les modalités financières de ce projet n’ont pas été dévoilées, mais l’initiative illustre la volonté du groupe de diversifier sa clientèle au-delà des seuls budgets de défense. La capitalisation boursière de DroneShield s’établit pour l’heure à environ 1,23 milliard d’euros. Les investisseurs devront attendre le 26 août, date prévue pour la publication des résultats semestriels complets, pour jauger la capacité de l’entreprise à tenir ses objectifs révisés.
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