L’éditeur de logiciels ESG Diginex navigue en eaux troubles. Une enquête préliminaire en vue d’une action collective, déposée par le cabinet d’avocats Rosen Law Firm, plane désormais sur la société. Les allégations portent sur des informations commerciales potentiellement trompeuses fournies par la direction aux investisseurs. Cette menace juridique intervient alors que l’entreprise est déjà engagée dans une course contre la montre pour sauver sa cotation au Nasdaq.
Le temps presse en effet. Le 23 mars 2026, Diginex a reçu un avertissement formel du marché pour non-respect de la règle 5550(a)(2), son cours de clôture étant resté sous le seuil symbolique de 1 dollar pendant trente séances consécutives. Pour tenter de renverser la vapeur, une assemblée générale extraordinaire a été convoquée le 13 avril. Les actionnaires y ont voté un regroupement d’actions dans un ratio de 8 pour 1, une manœuvre destinée à relever artificiellement le cours. Celui-ci se négociait à 0,521 dollar le jour du vote. La société dispose désormais d’un délai jusqu’au 21 septembre 2026 pour maintenir son titre au-dessus de 1 dollar pendant dix jours de bourse d’affilée, sous peine de délistage ou d’une éventuelle prolongation de 180 jours.
Cette bataille boursière se double d’une transformation profonde de l’activité. Diginex a radicalement simplifié sa structure opérationnelle en fusionnant ses quatre unités historiques en une plateforme unique, effective depuis le 1er avril 2026. Cette entité consolidée se concentre exclusivement sur les données ESG et de chaîne d’approvisionnement, des outils logiciels aidant entreprises et gouvernements dans leur reporting de durabilité. Pour piloter cette refonte, la direction a été renforcée début avril avec les nominations de Jacob Friedman au poste de directeur des opérations et de Sandra Kovacheva en tant que directrice administrative.
La stratégie de croissance repose en partie sur un partenariat clé avec Resulticks Global Companies. Un accord de revente, visant un chiffre d’affaires de 40 millions de dollars sur quatre ans, confie à Resulticks la commercialisation des plateformes ESG de Diginex sur plusieurs marchés, dont les États-Unis et l’Asie du Sud-Est. Les deux sociétés négocient également une fusion complète, dont la conclusion est suspendue à la recherche par Diginex d’un financement par dette n’entraînant pas de dilution. Les liens financiers sont étroits : un prêt de 8 millions de dollars accordé par Diginex à Resulticks est en cours de remboursement en quatre tranches de 2 millions, échéant jusqu’à fin septembre 2026.
Les derniers résultats publiés, clos au 31 mars 2025, illustrent le défi. Le chiffre d’affaires a certes bondi de 57% pour atteindre 2,0 millions de dollars, porté par les abonnements logiciels et les redevances de licences. Mais la perte nette annuelle s’est légèrement accentuée à 5,2 millions de dollars, signe que la rentabilité n’est pas encore au rendez-vous. La santé financière présente néanmoins un aspect positif : la situation nette est redevenue positive à 4,6 millions de dollars, contre des dettes nettes de 23,0 millions un an plus tôt, et l’entreprise ne supporte plus aucune dette financière.
L’équipe dirigeante a promis de dévoiler les détails de sa nouvelle stratégie globale au cours du deuxième trimestre 2026. D’ici là, chaque séance de bourse comptera pour reconquérir la confiance des marchés, d’autant plus fragilisée par la perspective d’une action en justice.
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