C’est un paradoxe qui donne le vertige aux investisseurs. Jamais DroneShield n’a connu un tel appétit pour ses systèmes anti-drones, et jamais le titre n’a été sous une telle pression. L’entreprise australienne, spécialiste de la guerre électronique et de la détection par intelligence artificielle, a vu ses encaissements clients bondir de 360 % au premier trimestre 2026, à 77,4 millions de dollars australiens. Le chiffre d’affaires trimestriel a grimpé de 121 %, à 74,1 millions AUD – le deuxième meilleur trimestre de son histoire. Pourtant, l’action a dévissé de 16 % le 12 mai à Sydney, et se négocie aujourd’hui à 1,97 €, soit 46 % en dessous de son plus haut annuel (3,65 €).
Le moteur de cette croissance ne se limite pas aux seuls budgets militaires. DroneShield a décroché un contrat prestigieux pour sécuriser la Coupe du monde de football 2026 à Kansas City. En collaboration avec la police locale, l’entreprise intègre sa plateforme de détection basée sur l’IA dans un réseau de surveillance régional, afin d’intercepter tout drone non autorisé au-dessus des infrastructures urbaines. Ce débouché civil illustre la polyvalence d’une technologie qui séduit déjà plus de soixante pays.
Financièrement, le groupe se porte comme un charme. La trésorerie atteint 222,8 millions AUD, sans aucune dette. Les revenus déjà contractés pour l’exercice 2026 s’élevaient à 154,8 millions AUD fin avril, offrant une visibilité rare. Sous la houlette du nouveau directeur général Angus Bean – entré en fonction en avril après le départ d’Oleg Vornik – l’accent est mis sur les revenus récurrents. D’ici 2030, le logiciel en tant que service (SaaS) devrait représenter près d’un tiers des ventes.
Mais ces performances passent au second plan depuis que l’ASIC, le gendarme boursier australien, a ouvert une enquête. Celle-ci porte sur des communications au marché de novembre 2025, où DroneShield aurait comptabilisé deux fois certains revenus. Elle examine aussi des ventes d’actions réalisées par des dirigeants entre le 6 et le 12 novembre 2025 – notamment par l’ex-PDG Oleg Vornik et l’ex-président du conseil Peter James, tous deux aujourd’hui remplacés (James quittera son poste fin mai). Le nouveau président désigné, Hamish McLennan, aura la tâche ardue de restaurer la confiance.
La réaction du marché ne s’est pas fait attendre. Sur une semaine, l’action a perdu environ 13 % (près de 10 % en euros) et a glissé sous sa moyenne mobile de moyen terme. La volatilité annualisée dépasse 50 %, reflet du risque réglementaire intégré par les opérateurs. Le carnet de commandes – 2,2 milliards AUD de pipeline, et des produits déployés dans plus de 60 pays – rappelle pourtant le potentiel industriel de la société. Mais tant que l’enquête de l’ASIC n’est pas close, ce potentiel restera obscurci par une prime d’incertitude que même le Mondial 2026 ne parvient pas à dissiper.
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