Jamais DroneShield n’avait encaissé autant d’argent en un seul trimestre. Pourtant, l’action du spécialiste australien de la lutte anti-drones vacille. En trente jours, elle a perdu près de 10 % de sa valeur. Le paradoxe est saisissant : des résultats records d’un côté, un marché qui doute de l’autre.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le chiffre d’affaires du premier trimestre 2026 a bondi de 121 % sur un an, à 74,1 millions de dollars australiens. Les encaissements clients ont grimpé encore plus vite. Résultat : le groupe, qui n’a aucune dette, disposait de 222,8 millions de dollars australiens en trésorerie à la fin de la période. Le flux de trésorerie opérationnel est passé de moins 17,9 millions à plus 24,1 millions de dollars australiens.
Un carnet de commandes qui enfle
Le volume d’affaires engagé pour l’exercice 2026 atteint désormais 154,8 millions de dollars australiens, contre 94,4 millions un an plus tôt. À lui seul, l’intervalle entre le 8 et le 20 avril a vu cette enveloppe grimper de 14,8 millions. Depuis le début de l’année, les commandes fermes ont augmenté de 59 millions de dollars australiens.
Le groupe doit encore livrer 96 millions de dollars australiens de commandes déjà sécurisées sur l’exercice en cours. Un nouveau programme d’armement du gouvernement australien pourrait apporter un supplément de liquidités. Le marché attend désormais des annonces concrètes sur la transformation du pipeline commercial en contrats fermes.
Le logiciel monte en puissance
La vraie transformation se joue ailleurs. DroneShield accélère sa mue vers les abonnements logiciels. Les revenus SaaS ont atteint 5,1 millions de dollars australiens au premier trimestre, soit une progression de 205 % par rapport à l’année précédente. Leur part dans le chiffre d’affaires total reste modeste, à environ 7 %, mais l’objectif est clair : 30 % d’ici 2030.
Pourquoi c’est crucial : un logiciel rapporte structurellement plus qu’un équipement physique. L’offre SaaS se décline en trois niveaux — des abonnements individuels par appareil aux systèmes de commandement et de contrôle à l’échelle nationale. Plus DroneShield monte dans cette hiérarchie, plus ses marges s’améliorent.
Le PDG Angus Bean a souligné un autre signal positif : l’équilibre entre les gros contrats militaires et les commandes récurrentes de plus petite taille s’améliore, ce qui renforce la prévisibilité du modèle. En dessous du seuil de déclaration de 20 millions de dollars australiens, de nouvelles commandes de clients finaux arrivent régulièrement.
Un contrat FIFA et des perspectives
Parmi les annonces notables, DroneShield a confirmé avoir décroché un contrat lié à la Coupe du monde de football. Les analystes anticipent d’autres commandes autour des grands événements à venir aux États-Unis.
Le nouveau site de production de 3 000 mètres carrés à Sydney, complété par des surfaces supplémentaires dédiées à la R&D, doit soutenir l’ambition affichée d’atteindre un rythme de chiffre d’affaires d’un milliard de dollars australiens d’ici 2030. De nouveaux produits matériels et logiciels sont attendus à partir du troisième trimestre 2026. Le groupe investit massivement dans la recherche, avec un budget annuel de plus de 70 millions de dollars australiens, qu’il peut désormais financer sans recourir à des augmentations de capital.
Les analystes partagés, JPMorgan fait l’ascenseur
Bell Potter reste positif. La banque d’investissement maintient sa recommandation d’achat avec un objectif de cours de 4,80 dollars australiens, soit une prime d’environ 25 % par rapport au dernier cours de clôture. Elle mise sur la hausse des budgets de défense en Australie, aux Philippines et aux États-Unis, qui placent explicitement les systèmes anti-drones parmi leurs priorités.
Jefferies se montre plus réservé. Les analystes mettent en garde contre un risque de comptabilisation anticipée des revenus. Ils s’interrogent sur la soutenabilité du rythme actuel d’expansion.
Cette incertitude se reflète dans le comportement des grands investisseurs. JPMorgan Chase a réduit sa participation déclarée début avril, pour la reconstituer au-dessus de 5 % une semaine plus tard. Un mouvement erratique qui illustre les hésitations du marché.
À la Bourse de Francfort, l’action cotait 2,21 euros, très proche de sa moyenne mobile à 50 jours. Sur un an, le titre a tout de même été multiplié par plus de trois. Le RSI, à 70, suggère toutefois une situation de surachat à court terme.
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