L’action DroneShield accuse une baisse de près de 7 % sur la semaine, mais ce repli conjoncturel contraste violemment avec la réalité opérationnelle du groupe. Le spécialiste australien de la lutte anti-drones vient de livrer un premier trimestre 2026 qui force le respect : un chiffre d’affaires de 74,1 millions de dollars australiens, soit plus du double de l’année précédente. Surtout, les encaissements clients ont atteint un record de plus de 77 millions de dollars.
Le logiciel, nouveau moteur de la croissance
Derrière ces chiffres globaux se cache une transformation structurelle. Les revenus SaaS ont bondi de 205 % pour s’établir à 5,1 millions de dollars australiens, représentant désormais près de 7 % du chiffre d’affaires total. L’ambition affichée par la direction est claire : porter la part des revenus récurrents à 30 % d’ici 2030, contre un niveau encore à un chiffre aujourd’hui. Trois niveaux d’abonnement ont été déployés, allant de souscriptions liées aux appareils jusqu’à des systèmes de commandement et de contrôle à l’échelle nationale.
Le carnet de commandes pour l’exercice 2026 confirme cette dynamique. Les revenus engagés atteignent 154,8 millions de dollars australiens, en hausse de 64 % par rapport à la même période l’an dernier. Les contrats SaaS en représentent déjà 13 %.
La Coupe du monde ouvre un nouveau chapitre civil
Longtemps perçu comme un pur équipementier militaire, DroneShield vient de décrocher une commande qui élargit son horizon : la Coupe du monde de football 2026. Le tournoi, qui se déroulera dans seize villes réparties entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, nécessite une protection anti-drones pour les onze sites américains. Une enveloppe de 250 millions de dollars débloquée par la FEMA, l’agence fédérale américaine de gestion des catastrophes, a permis à de nombreuses collectivités d’accéder à cette technologie pour la première fois. D’autres contrats liés à de grands événements américains devraient suivre dans les mois à venir.
Une trésorerie sans dette pour financer la conquête
Le groupe affiche une santé financière insolente dans le secteur. Le cash-flow opérationnel est devenu positif pour le quatrième trimestre consécutif, à 24,1 millions de dollars australiens. La trésorerie atteint 222,8 millions, sans la moindre dette. Cette position de force permet à DroneShield d’investir plus de 70 millions de dollars australiens par an en recherche et développement, avec plus de 350 ingénieurs en interne. Aucune dilution par émission d’actions n’est à l’ordre du jour.
Une nouvelle équipe aux commandes
Le 29 mai, les actionnaires sont convoqués à l’assemblée générale annuelle à Sydney. Ce rendez-vous revêt une importance particulière : c’est la première fois qu’ils voteront sous une direction entièrement renouvelée. Le fondateur Oleg Vornik et le président du conseil Peter James ont quitté le navire. Angus Bean, jusqu’alors directeur technique, prend les rênes comme CEO. Parallèlement, Hamish McLennan a rejoint le conseil début mai en tant qu’administrateur indépendant et doit en prendre la présidence immédiatement après l’AG.
Cette nouvelle garde hérite d’un objectif colossal : porter le chiffre d’affaires annuel à un milliard de dollars australiens d’ici la fin de la décennie. Pour y parvenir, DroneShield mise sur une expansion industrielle massive. La capacité de production doit atteindre 2,4 milliards de dollars australiens par an d’ici fin 2026. Une nouvelle ligne de fabrication entre en service en Europe au milieu de l’année, et des sites américains sont en projet. De nouveaux produits matériels et logiciels seront lancés à partir du troisième trimestre.
Un marché qui reste à convaincre
Malgré ces annonces, l’action cote 2,17 euros, soit environ 40 % sous son plus haut des 52 semaines atteint en octobre 2025. Sur un an, le titre affiche tout de même une progression de près de 9 %. La banque d’affaires Bell Potter maintient sa recommandation d’achat avec un objectif de cours de 4,80 dollars australiens, saluant la progression des revenus récurrents. Les investisseurs guettent désormais la transformation de la pipeline commerciale — qui recèle des commandes potentielles pour plus de deux milliards de dollars — en contrats fermes. L’AG du 29 mai sera le premier test grandeur nature pour la nouvelle équipe dirigeante.
Publicité
Actions DroneShield: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de DroneShield et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de DroneShield entièrement gratuite : En savoir plus ici !

