À première vue, DroneShield coche toutes les cases d’une success story boursière : pipeline de commandes à 2,2 milliards de dollars, trésorerie nette de 223 millions de dollars australiens, et un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 121 %. Pourtant, l’action s’effondre. En cause : une enquête de l’Australian Securities and Investments Commission (ASIC) qui paralyse la confiance des investisseurs et éclipse des résultats opérationnels éclatants.
La procédure a été officiellement notifiée le 12 mai 2026. L’ASIC examine les communications de DroneShield à la Bourse australienne entre le 1er et le 20 novembre 2025, ainsi que les transactions réalisées sur le titre du 6 au 12 novembre de la même année. Cette période avait vu une annonce erronée concernant un contrat américain de détecteurs portables, immédiatement retirée, et coïncidé avec des ventes d’actions de plusieurs dirigeants, dont l’ex-PDG Oleg Vornik et l’ex-président Peter James. James quittera le conseil d’administration fin mai ; Vornik avait déjà cédé son poste en avril 2026 à Angus Bean.
La sanction du marché a été immédiate. Le jour de l’annonce, le titre a perdu jusqu’à 16 % en séance à Sydney, avant de clôturer en baisse de 15 %. Dans le sillage, la cotation allemande a plongé de près de 10 % en une séance, pour terminer la semaine à 1,97 euro – soit un repli hebdomadaire d’environ 10 %. Le titre évolue désormais bien en dessous de sa moyenne mobile à 50 jours (2,26 euros). Une légère accalmie est intervenue vendredi en Australie, où l’action a repris 2,83 % à 3,27 dollars australiens, mais la défiance demeure.
Car sur le plan strictement comptable, la trajectoire reste spectaculaire. Au premier trimestre 2026, DroneShield a dégagé un chiffre d’affaires de 74,1 millions de dollars australiens, en progression de 121 % sur un an. Les encaissements clients ont bondi de 361 %, à 77,4 millions, et le cash-flow opérationnel positif s’est établi à 24,1 millions. Quatrième trimestre consécutif dans le vert. La trésorerie (222,8 millions) dépasse largement la capitalisation boursière ajustée, et l’entreprise n’a aucune dette.
Les perspectives restent tout aussi impressionnantes. DroneShield négocie 312 projets dans plus de 60 pays, pour un montant total potentiel de 2,2 milliards de dollars. L’objectif affiché : franchir le cap du milliard de dollars de revenus annuels d’ici 2030. Pour renforcer sa position, le groupe danois Terma, fournisseur de l’infrastructure de commandement pour l’Otan, s’est associé à DroneShield début mai. Les deux sociétés intégreront leurs systèmes anti-drones, avec une production prévue en Europe à partir de mi-2026.
Ce tableau idyllique n’empêche pas les analystes de rester divisés. Chez Bell Potter, la recommandation est « à l’achat » avec un objectif de cours de 4,80 dollars, saluant l’avance technologique et la taille de l’équipe R&D. Jefferies, en revanche, se contente d’un « conserver » et d’un objectif à 3,70 dollars, jugeant la valorisation trop ambitieuse au vu de l’incertitude sur les bénéfices.
La prochaine échéance clé est l’assemblée générale du 29 mai. Le nouveau duo dirigeant – Angus Bean à l’opérationnel et le conseil recomposé – devra y répondre aux questions sur la gouvernance et le déroulé de l’enquête. En parallèle, l’entreprise a instauré une obligation de détention minimale pour ses administrateurs et cadres dirigeants, et promet une coopération totale avec le régulateur. Tant que les risques juridiques ne seront pas levés, la solidité des comptes ne suffira pas à rassurer le marché.
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