Le spécialiste des vaccins de voyage traverse une zone de turbulence. Confronté à un net ralentissement de la demande sur ses produits historiques et à une sortie orchestrée du négoce de vaccins tiers, Valneva a dévoilé un plan d’économies drastique. L’objectif : réduire les charges opérationnelles de 25 à 35 % par rapport à 2025, notamment via une diminution de 10 à 15 % des effectifs mondiaux. Ce tour de vis vise à préserver la trésorerie et à concentrer les ressources sur les projets prioritaires.
Des comptes dans le rouge
Les résultats du premier trimestre 2026 illustrent l’ampleur du défi. Le chiffre d’affaires total a chuté à 30,9 millions d’euros, contre 49,2 millions un an plus tôt, soit un recul de près de 40 %. Sur cette somme, les ventes de produits propres atteignent 30,5 millions d’euros. La marge brute a dévissé à 45,2 %, contre 62,7 % au premier trimestre 2025. En conséquence, Valneva a enregistré une perte opérationnelle de 23,7 millions d’euros et une perte nette de 32,1 millions. Le bénéfice par action ressort à –0,42 dollar, bien en dessous des –0,18 dollar anticipé par les analystes.
Un retrait assumé du commerce de vaccins tiers
Une partie de la baisse des revenus est volontaire. Valneva a accéléré son désengagement de la distribution de vaccins développés par d’autres laboratoires. Les recettes de cette activité se sont effondrées de près de 98 %, à 0,1 million d’euros, contre 5,8 millions un an plus tôt. La direction entend ramener leur part sous la barre des 5 % du chiffre d’affaires total d’ici 2026 ou 2027, afin de se concentrer sur ses marges propres. Ce recentrage s’accompagne d’une révision à la baisse des prévisions annuelles : le groupe table désormais sur un chiffre d’affaires total compris entre 145 et 160 millions d’euros pour 2026.
Un matelas de trésorerie renforcé
Malgré les pertes, Valneva dispose d’une certaine marge de manœuvre. À fin mars, la trésorerie s’élevait à 105,3 millions d’euros. Une augmentation de capital réalisée en avril a apporté 84 millions d’euros supplémentaires. Ces réserves offrent un répit, mais ne compensent pas l’absence d’un flux de revenus stable. Par ailleurs, l’usine d’Almeida fait toujours l’objet de remarques de la FDA que la direction doit traiter.
Le pipeline, principal espoir de rebond
Côté recherche, Valneva mise sur deux projets majeurs. Le vaccin contre la maladie de Lyme (LB6V), développé avec Pfizer, a atteint une efficacité de plus de 70 % dans l’étude de phase III chez les personnes de cinq ans et plus. Pfizer prépare les dossiers réglementaires pour une soumission aux autorités américaines. Le candidat contre la shigellose (S4V2) doit fournir des résultats de phase II au milieu de l’année, avec des données issues de deux essais attendues pour l’été. Enfin, le vaccin contre le chikungunya IXCHIQ a franchi une étape symbolique au Brésil, où plus de 30 000 personnes ont déjà été vaccinées dans le cadre de programmes pilotes.
En Bourse, le titre reste sous pression. Il a clôturé autour de 2,55 euros, en baisse d’environ 33 % depuis le début de l’année, et ne vaut plus que la moitié de son plus haut des douze derniers mois. L’évolution du cours dépendra désormais des résultats de la shigellose et des avancées réglementaires du candidat contre la maladie de Lyme. La rigueur budgétaire ne sera vraiment payante que si le pipeline parvient à relayer un chiffre d’affaires affaibli.
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