Le géant américain des puces IA aborde ses résultats trimestriels dans une position inédite : sa part de marché en Chine est tombée à zéro, tandis que les hyperscalers mondiaux préparent une déferlante d’investissements de 725 milliards de dollars. Un paradoxe qui met la pression sur un titre déjà soumis aux tensions macroéconomiques.
Vendredi, l’action Nvidia a clôturé à 193,88 euros sur la place de Francfort, cédant 3,57 % sur la séance. Le reflux fait suite à un bref passage à 201,05 euros en milieu de semaine, après l’annonce d’un assouplissement des restrictions américaines à l’exportation des puces H200 vers la Chine. Alibaba, Tencent et ByteDance ont obtenu l’autorisation d’acheter ces processeurs, mais aucune livraison n’a eu lieu à ce jour.
Huis clos chinois
Le 30 avril, Jensen Huang avait été on ne peut plus clair : « Avant, nous avions plus de 90 % de parts de marché dans le monde. En Chine, ce chiffre est tombé à zéro. » Une déclaration qui ne porte que sur les ventes directes, mais qui illustre l’effet combiné de la politique d’exportation américaine et de la montée en puissance des concurrents locaux. Huawei prévoit ainsi de doubler la production de son accélérateur Ascend 910C, à 600 000 unités cette année.
Sur le dernier exercice fiscal, Nvidia a encore réalisé 19,67 milliards de dollars de chiffre d’affaires en Chine, Hongkong compris. Dès le premier trimestre de l’exercice 2027, le groupe ne prévoit plus aucun revenu dans la région. Les coûts des restrictions d’exportation se sont déjà matérialisés à hauteur de 4,5 milliards de dollars au premier trimestre fiscal 2026.
La manne cloud comme contrepoids
Paradoxalement, la demande mondiale pour l’IA n’a jamais été aussi forte. Microsoft, Amazon, Alphabet et Meta ont porté leurs budgets d’investissement pour 2026 à environ 725 milliards de dollars, soit une progression de 77 % par rapport à l’année précédente. Une manne qui irrigue directement les commandes de puces Nvidia, en particulier la prochaine plateforme Vera Rubin, attendue pour de nouvelles charges de travail d’entraînement et d’inférence.
Les analystes tablent sur un chiffre d’affaires de 78,8 milliards de dollars pour le trimestre clos, contre une prévision interne de 78 milliards (fourchette de 2 %). Le bénéfice ajusté par action est attendu à 1,77 dollar.
Un horizon macro assombri
Mais la pression macroéconomique rattrape le secteur. Les rendements des obligations d’État américaines frôlent 4,6 %, tandis que le baril de pétrole dépasse 100 dollars en raison des tensions au Moyen-Orient. Ce cocktail alimente les craintes inflationnistes et ravive le scénario d’un nouveau resserrement monétaire de la Fed. Les valeurs technologiques fortement valorisées, comme Nvidia, sont en première ligne.
À Wall Street, le titre avait touché un record de clôture à 235,74 dollars le 14 mai, avant de perdre 4,6 % le lendemain. Sur l’ensemble de la semaine dernière, l’action affiche tout de même un gain de plus de 6 % à Francfort.
Un conseil renforcé et un rendez-vous décisif
En marge de l’agenda financier, Nvidia a annoncé l’arrivée de Suzanne Nora Johnson, ancienne dirigeante de Goldman Sachs, au sein de son conseil d’administration à compter de juillet. Une nomination qui intervient alors que le groupe doit prouver sa capacité à maintenir ses marges tout en accélérant le déploiement de Rubin.
Le 20 mai après la clôture de Wall Street, les investisseurs trancheront : le consensus est élevé, la valorisation l’est aussi. Un écart, même minime, pourrait coûter cher à un titre qui ne pardonne guère l’erreur.
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