Si DroneShield engrange des succès commerciaux et financiers, une ombre juridique ternit ce tableau. L’enquête ouverte par l’Australian Securities and Investments Commission (ASIC) sur des ventes d’actions réalisées par l’ancienne direction jette un froid sur la place boursière. En une semaine, le titre a abandonné environ 10 % (2,02 EUR mercredi), loin de son record d’octobre (3,65 EUR). Pourtant, sur un an, le gain atteint encore 172 %.
Des transactions à 70 millions d’AUD dans le viseur
L’affaire remonte à novembre 2025. Le groupe annonce alors des commandes de l’administration américaine pour 7,6 millions de dollars. Quelques jours plus tard, la communication est rétractée : il ne s’agissait pas de nouvelles commandes. Or, durant cette même semaine, l’ex-CEO Oleg Vornik et le président sortant du conseil d’administration, Peter James, ont cédé des actions pour environ 70 millions de dollars australiens. Le régulateur enquête désormais sur un possible lien entre ces déclarations publiques et les cessions.
Les deux responsables avaient déjà quitté leurs fonctions opérationnelles avant cette date : Vornik a cédé la direction à Angus Bean début avril, tandis que James se retirera le 29 mai, jour de l’assemblée générale. Son successeur désigné, Hamish McLennan, a promis de placer la discipline opérationnelle et la gouvernance au cœur de son action. DroneShield, de son côté, assure coopérer pleinement avec l’ASIC.
Une croissance logicielle qui décolle
Malgré ces turbulences, le cœur de métier se porte bien. Le groupe a enchaîné un quatrième trimestre consécutif de flux de trésorerie d’exploitation positif et abordé 2026 sans dette. Son chiffre d’affaires récurrent issu des abonnements logiciels a triplé au premier trimestre, à 5,1 millions AUD. Une montée en puissance qui participe à l’ambition affichée : atteindre un milliard AUD de chiffre d’affaires annuel, dont un tiers généré par les logiciels d’ici 2030 – contre un petit pourcentage aujourd’hui.
Un nouveau système de classification par intelligence artificiel, capable d’identifier et catégoriser automatiquement les drones (y compris les ailes fixes), fournit la base technique de cette mutation. Parallèlement, DroneShield étend sa présence en Europe : un siège régional a ouvert à Amsterdam, et une production locale doit démarrer dans l’Union européenne à partir de mi-2026. Un protocole d’accord avec le groupe danois Terma porte sur la coopération en matière de détection IA et de guerre électronique.
Une trésorerie solide pour financer l’expansion
Avec des réserves de trésorerie dépassant 200 millions AUD et un carnet de commandes fermes de 155 millions AUD, l’entreprise dispose de marges de manœuvre. Les commandes confirmées ne seront désormais publiées qu’à partir de 20 millions AUD, afin de refléter la taille croissante du groupe.
Le pipeline de ventes qualifiées atteint 2,2 milliards AUD, et l’OTAN prévoit de constituer d’ici l’été 2026 un vivier de fournisseurs certifiés pour les systèmes anti-drones. Une inscription à ce registre ouvrirait à DroneShield l’accès direct aux budgets de défense des États membres.
Des avis d’analystes partagés
Sur le marché, la prudence domine. Jefferies recommande de conserver le titre avec un objectif de 3,70 AUD, pointant une valorisation déjà élevée. Bell Potter se montre plus offensif : il conseille d’acheter, avec une cible à 4,80 AUD. Le 29 mai, lors de l’assemblée générale, les actionnaires devront également approuver le nouveau plan de rémunération du directeur général. Celui-ci prévoit des options liées à des objectifs de chiffre d’affaires cumulés pouvant atteindre 500 millions AUD. Un test grandeur nature pour la gouvernance renouvelée.
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