Le premier trimestre 2026 s’est refermé sur une série de déconvenues pour Valneva. Le laboratoire français a vu son chiffre d’affaires chuter à 30,9 millions d’euros, contre 49,2 millions un an plus tôt, soit un repli de 37,2 %. Dans le même temps, la perte nette a explosé pour atteindre 32,1 millions d’euros, contre 9,2 millions au premier trimestre 2025. L’Ebitda ajusté ressort à –18,2 millions. Le management popte la fin d’accords de distribution avec des tiers, des retards de livraison au ministère américain de la Défense, un changement de partenaire commercial en Allemagne et des effets de change défavorables. À cela s’ajoutent les tensions géopolitiques qui freinent la demande en vaccins pour les voyageurs.
Face à cette dégradation, Valneva a revu ses ambitions à la baisse. La prévision de ventes de produits est désormais comprise entre 135 et 150 millions d’euros pour l’exercice en cours, soit une réduction de 10 millions à chaque extrémité de la fourchette initiale. Le chiffre d’affaires total est, lui, attendu entre 145 et 160 millions d’euros. Pour amortir le choc, la direction a lancé un plan de restructuration global. Les coûts opérationnels devront diminuer de 25 à 35 % par rapport à 2025. Cela passera par la suppression de 10 à 15 % des postes, soit entre 67 et 101 salariés. L’objectif est de préserver la trésorerie : à fin mars, les liquidités s’élevaient à 105,3 millions d’euros, et une augmentation de capital réalisée en avril a rapporté environ 37 millions supplémentaires.
Du côté de la R&D, tous les regards restent braqués sur VLA15, le candidat vaccin contre la maladie de Lyme développé avec Pfizer. L’étude de phase 3 a montré une efficacité supérieure à 70 %, même si un critère technique n’a pas été atteint en raison d’une borne statistique inférieure sous le seuil prédéfini. Pfizer maintient son calendrier et prévoit de déposer les demandes d’autorisation auprès de la FDA et de l’EMA au second semestre 2026. Un feu vert qui serait crucial pour le groupe. En attendant, la trésorerie actuelle, renforcée par la levée de fonds, est jugée suffisante pour tenir jusqu’à cette échéance.
En parallèle, le programme Chikungunya progresse en Amérique du Sud. Au Brésil, plus de 30 000 adultes ont déjà reçu le vaccin IXCHIQ dans le cadre d’une campagne pilote. Début mai, l’agence sanitaire brésilienne ANVISA a autorisé sa production locale par l’Instituto Butantan, ouvrant la voie à une intégration dans le système de santé publique. Un autre candidat, le vaccin contre la shigellose S4V2, devrait fournir des données de phase 2b à la mi-2026.
Pour autant, les analystes restent prudents mais non hostiles. Stifel a abaissé son objectif de cours de 8,50 à 7,50 euros tout en maintenant son conseil d’achat. Portzamparc a réduit le sien de 5,60 à 4,80 euros, toujours en recommandant « acheter ». Côté Bourse, l’action cotait 2,53 euros en séance, en repli de 1,21 %, mais elle affiche un gain de 9,52 % sur une semaine. Depuis le 1er janvier, la chute atteint tout de même 34,08 %. La tendance de fond reste fragile : le titre évolue très loin de sa moyenne mobile à 200 jours (3,89 euros), et l’horizon proche dépendra entièrement de l’avancée du dossier Lyme et de la publication des données sur la shigellose.
Publicité
Actions Valneva: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Valneva et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Valneva entièrement gratuite : En savoir plus ici !

