À moins d’une semaine de la publication des résultats du premier trimestre, le dossier Nvidia concentre toutes les contradictions du boom de l’intelligence artificielle. D’un côté, une capitalisation boursière de 5 500 milliards de dollars — plus que les marchés allemand et britannique réunis — et un titre qui flirte avec des records historiques. De l’autre, une pression inédite : celle d’attentes devenues si élevées que le moindre faux pas pourrait coûter cher.
Le voyage de Jensen Huang à Pékin, clé de la prochaine étape
Avant même les chiffres, c’est un déplacement diplomatique qui retient l’attention. Le patron de Nvidia, Jensen Huang, se rend en Chine le 14 mai avec une délégation de haut niveau. Au menu : le processeur H200, un accélérateur d’IA pour lequel Washington a délivré les licences d’exportation nécessaires, mais que Pékin bloque toujours à l’entrée.
L’enjeu est colossal. La Chine représentait par le passé jusqu’à 25 % du chiffre d’affaires du segment data center. Aujourd’hui, ce marché est estimé à 50 milliards de dollars potentiels pour Nvidia. L’issue du sommet déterminera en partie la capacité du groupe à convertir cette opportunité en revenus réels.
Une valorisation qui défie l’entendement
En attendant, le marché continue de saluer la position dominante de Nvidia. L’action a atteint un nouveau record à 227,16 dollars mercredi, portant la capitalisation à 5 500 milliards. En euro, le titre s’échange autour de 193,84 €, en hausse de 3,02 % sur la séance et de 9,38 % sur la semaine. Sur un an, la progression atteint près de 60 %. Avec environ 8 % du S&P 500, Nvidia pèse désormais plus lourd que bien des économies nationales.
Cette puissance se traduit aussi par des flux de trésorerie massifs. Le free cash flow a atteint 96,6 milliards de dollars lors du dernier exercice, et Bank of America envisage plus de 400 milliards sur les deux prochains exercices. Un niveau de liquidités qui ouvre la voie à de nouveaux investissements ou rachats d’actions.
Les comptes du 20 mai : le mur des attentes
C’est dans ce contexte survolté que Nvidia publiera ses résultats du premier trimestre de l’exercice 2027, le 20 mai après Bourse. Le consensus de marché oscille entre 78,4 et 78,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires, selon les sources. Citi se montre plus agressif avec un modèle à 80 milliards.
L’écart n’est pas anodin : sur les douze derniers trimestres, Nvidia a dépassé les prévisions de revenus de plus d’un milliard de dollars à neuf reprises. Le segment data center reste le moteur, avec des attentes de 73 milliards de dollars, contre 62,3 milliards au trimestre précédent.
Côté bénéfice, le consensus table sur un bénéfice par action ajusté compris entre 1,74 et 1,78 dollar, avec une moyenne autour de 1,77 dollar. Un quasi-doublement par rapport aux 0,81 dollar du même trimestre l’an dernier. La marge brute non-GAAP est attendue à 75 %, légèrement sous les 75,2 % du trimestre précédent — un sujet que les investisseurs scruteront, car la capacité de fixation des prix dans l’infrastructure IA n’est pas acquise.
Des objectifs de cours révisés en hausse
Les analystes ajustent leurs modèles à la hausse. Wells Fargo a relevé son objectif de cours de 265 à 315 dollars, avec une recommandation « surpondérer ». Susquehanna a suivi, passant de 250 à 275 dollars. L’action a déjà intégré une partie de ces anticipations : elle évolue 22 % au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours et flirte avec son plus haut sur 52 semaines à 192,86 euros.
L’architecture Rubin, le vrai rendez-vous de la deuxième moitié de 2026
Au-delà des chiffres immédiats, le marché attend avec impatience les commentaires sur la prochaine architecture « Rubin », successeur de la génération Blackwell. Nvidia prévoit de la monter en puissance au second semestre 2026. Si cette transition se déroule sans rupture de commandes, le cycle d’investissement reste intact. Dans le cas contraire, la dynamique du data center pourrait marquer le pas.
Les discussions des dirigeants sur ce point, le 20 mai, seront suivies avec autant d’attention que les résultats eux-mêmes. D’autant que les hyperscalers — Microsoft, Amazon, Alphabet — ont annoncé des dépenses cumulées de plus de 500 milliards de dollars dans l’infrastructure IA d’ici 2027. Le marché adressable des data centers IA est estimé à 1 700 milliards de dollars à l’horizon 2030.
Entre la Chine, les comptes et la feuille de route technologique, Nvidia doit prouver qu’elle peut maintenir son rythme sans se heurter à ses propres records.
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