Le nouveau triumvirat dirigeant de DroneShield aborde sa première assemblée générale le 29 mai à Sydney avec un paradoxe de taille : des performances opérationnelles historiques, mais un cours de Bourse laminé par les révélations d’une enquête de l’ASIC. L’action, tombée à 1,96 euro sur Tradegate mardi, a perdu près de 15 % en une semaine et s’éloigne de son plus haut annuel à 3,65 euros. La confiance des investisseurs vacille, et c’est le passé récent du spécialiste de la lutte anti-drone qui resurgit.
L’enquête du gendarme boursier australien porte sur des cessions d’actions massives réalisées en novembre 2025 par d’anciens dirigeants. L’ex-PDG Oleg Vornik et l’ex-président Peter James ont alors vidé leurs comptes-titres, vendant pour près de 67 millions de dollars australiens de titres en l’espace de quelques jours. Coïncidence troublante : DroneShield avait annoncé, puis rétracté, des commandes de 7,6 millions de dollars du gouvernement américain, qui n’étaient en fait pas de nouvelles affaires. Les actionnaires ont sanctionné cette défiance immédiate : le titre a plongé de 16 % en séance le jour des révélations de l’enquête, et la pression ne retombe pas.
Pourtant, jamais la machine opérationnelle n’a tourné aussi fort. Au premier trimestre, le chiffre d’affaires a bondi de 121 % sur un an, à 74,1 millions de dollars australiens. Les abonnements logiciels, segment à très haute marge, ont presque triplé. L’entreprise, sans dette, dispose d’une trésorerie d’environ 223 millions de dollars. Le carnet de commandes fermes pour l’exercice en cours atteint 155 millions, et le pipeline commercial est évalué à 2,3 milliards. Ces chiffres, combinés aux besoins mondiaux croissants en systèmes anti-drones – la NATO prépare pour l’été 2026 un pool de fournisseurs agréés –, offrent une assise solide.
Le nouveau CEO Angus Bean, en poste depuis avril, et le président Hamish McLennan ont déjà posé des gages. Une directive interne oblige désormais le dirigeant à détenir des actions DroneShield équivalant à 200 % de son salaire annuel. La rémunération du CEO soumise au vote des actionnaires lors de l’AG est, elle, fortement indexée sur des objectifs de chiffre d’affaires à moyen terme. L’ambition stratégique est claire : faire passer la part des logiciels de 7 % à 30 % du chiffre d’affaires total, et franchir le cap du milliard de dollars de revenus. L’ouverture d’un siège européen à Amsterdam et un projet d’usine locale dans l’Union européenne concrétisent ce virage vers une offre plus intégrée.
Mais l’épée de Damoclès réglementaire risque de transformer le scrutin du 29 mai en tribune sur la gouvernance et les contrôles internes. Les actionnaires devront arbitrer entre la promesse de croissance du nouveau duo et les stigmates d’un passé où l’information privilégiée a visiblement mal circulé.
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