Wells Fargo a revu son objectif de cours à 315 dollars, et ce n’est pas un simple chiffre : la banque américaine a changé son modèle de valorisation. Au lieu de se focaliser sur les ventes de puces, elle calcule désormais la capacité installée mondiale des centres de données en gigawatts. Selon ses estimations, celle-ci devrait quasiment tripler d’ici trois ans. Nvidia, avec une capitalisation boursière de 5 330 milliards de dollars, n’est plus seulement un fabricant de semi-conducteurs : il devient l’architecte de l’infrastructure physique de l’intelligence artificielle.
En Bourse, le titre a confirmé ce statut en atteignant lundi un nouveau plus haut annuel à 186,20 euros, avant de se tasser légèrement mardi à 185,32 euros. Sur une semaine, le gain dépasse 10 %. Sur douze mois, la progression atteint 68 %. Les analystes d’UBS ont également réitéré leur conseil d’achat avec un objectif de 245 dollars, soulignant la persistance de la demande pour les composants dédiés à l’IA.
Cette dynamique repose sur une stratégie d’investissement massive. Nvidia a déjà engagé plus de 40 milliards de dollars en capital depuis le début de l’année, répartis dans tout l’écosystème. La part la plus emblématique est une prise de participation de 30 milliards dans OpenAI. Mais le groupe a aussi signé des accords avec Corning (jusqu’à 3,2 milliards pour la production de fibres optiques), Marvell Technology, Lumentum et Coherent (environ 2 milliards chacun), ainsi qu’avec les spécialistes du cloud CoreWeave et Nebius Group (2 milliards chacun).
Au cœur de ce réseau figure le partenariat avec l’opérateur de centres de données IREN. Nvidia a obtenu le droit d’acquérir jusqu’à 30 millions d’actions IREN au prix unitaire de 70 dollars, soit un investissement potentiel de 2,1 milliards. Les deux entreprises prévoient de construire une infrastructure commune d’une capacité atteignant cinq gigawatts, en priorité sur le campus texan de Sweetwater. Par ailleurs, IREN installera des systèmes Blackwell dans son site de Childress, dans le cadre d’un contrat de services cloud de plusieurs milliards.
Pour renforcer son emprise sur ses clients, Nvidia a lancé lundi « Fleet Intelligence », un logiciel gratuit de surveillance en temps réel des parcs de GPU. L’outil open source, basé sur des agents, fournit des données détaillées sur la température, la consommation électrique et l’utilisation des serveurs. Il supporte les architectures actuelles et futures, Blackwell et Vera Rubin. Des fournisseurs de cloud comme Lambda et l’infogéreur IREN l’utilisent déjà.
Tous les regards se tournent désormais vers le 20 mai, date à laquelle Nvidia publiera ses résultats du premier trimestre. Le consensus table sur un chiffre d’affaires de 78,6 milliards de dollars, soit une croissance de 78 % sur un an. Les dépenses des géants américains de la tech dans leurs infrastructures devraient atteindre jusqu’à 700 milliards de dollars cette année. Le PDG Jensen Huang a réaffirmé lundi une visibilité élevée de la demande jusqu’à fin 2027. Tant que les hyperscalers ne coupent pas leurs budgets, le vent reste favorable à Nvidia.
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