Schneider Electric engage une double transformation. D’un côté, le groupe industrialise sa présence en Arabie saoudite avec un triplement de ses capacités de production ; de l’autre, il accélère la montée en puissance de ses activités logicielles et de services, visant 30 % du chiffre d’affaires d’ici 2030 contre environ 20 % actuellement. Ces deux axes illustrent une stratégie qui conjugue expansion géographique et mutation du modèle économique vers plus de récurrence et de marges.
L’empreinte saoudienne du spécialiste de la gestion de l’énergie s’étoffe considérablement. Présent depuis plus de 44 ans dans le royaume, avec trois usines à Riyad et Dammam, le groupe prévoit d’atteindre 32 lignes de production en 2030. La nouvelle implantation prévue dans le King Salman Energy Park (SPARK) illustre cette ambition : elle consommera 33 % d’énergie en moins et émettra 34 % de CO₂ de moins que des bâtiments industriels comparables. Parallèlement, un centre de distribution IoT de 7 000 mètres carrés verra le jour à Riyad. Les équipements visés sont stratégiques : systèmes onduleurs Galaxy et armoires basse tension Prisma, destinés aux infrastructures critiques. À Diriyah, l’un des méga-projets saoudiens, Schneider déploiera une plateforme de ville intelligente fondée sur le logiciel AVEVA, combinant big data et apprentissage automatique pour optimiser l’usage des ressources.
Côté numérique, l’objectif est clair : faire passer la part du logiciel et des services de 20 % à 30 % du chiffre d’affaires d’ici la fin de la décennie. Cette évolution doit permettre de réduire la dépendance aux cycles traditionnels des produits et de renforcer les revenus récurrents. Le concept « Grid-to-Chip », qui couvre l’intégralité de la chaîne allant du réseau moyenne tension au refroidissement liquide des puces, positionne le groupe comme fournisseur clé des centres de données capables d’alimenter l’intelligence artificielle. La stratégie « Advancing Energy Tech », confirmée lors de l’assemblée générale de mai 2026 qui coïncidait avec le dixième anniversaire de Saudi Vision 2030, fait de la convergence entre électrification, automatisation et digitalisation le moteur structurel de la croissance.
Cette ambition opérationnelle contraste pour l’instant avec le parcours boursier. Le titre évolue aux alentours de 268 euros, soit près de 5,7 % en dessous de son plus haut des cinquante-deux semaines atteint mi-mai. Sur la semaine, le repli atteint 5,69 %, même si la performance depuis le début de l’année reste positive, à environ +12 %. L’indicateur RSI, situé à 76, suggère une zone technique surachetée qui explique en partie le récent essoufflement. Le marché reste prudent : l’inflation américaine d’avril à 3,8 %, le baril de Brent à 107,77 dollars dans un contexte géopolitique tendu, et la hausse des rendements obligataires pèsent sur les valeurs industrielles aux multiples élevés.
Pourtant, la demande sous-jacente demeure solide. La modernisation des réseaux électriques, l’essor des centres de données et l’automatisation industrielle continuent de tirer les commandes. Schneider Electric confirme viser le haut de sa fourchette de prévisions de croissance organique pour 2026. Le 15 mai, le groupe a annoncé un dividende de 0,99 dollar par ADR, soit environ 0,8402 euro par titre. Les résultats semestriels, attendus en juillet, constitueront le premier test concret pour jauger si les investissements au Moyen-Orient commencent déjà à peser dans les carnets de commandes. En attendant, l’action consolide, mais le profil opérationnel, lui, reste intact.
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