Le paradoxe australien se poursuit pour DroneShield. Alors que le spécialiste de la lutte antidrone aligne les annonces positives — nouveau produit, commandes publiques, présence dans plus de 70 pays —, son titre s’enfonce. Vendredi, l’action a clôturé à 1,21 euro, cédant encore 2,5 % sur la séance et portant sa chute hebdomadaire à 12 %.
Des ventes en hausse de 74 %, une marge qui s’érode
Les chiffres publiés jeudi pour le premier semestre 2026 affichent pourtant une dynamique commerciale solide. Le chiffre d’affaires a bondi à 125,8 millions de dollars australiens, soit une progression de 74 % sur un an. Une performance qui perd toutefois de son éclat au regard de la marge brute, ressortie à environ 60 % contre 65 % un an plus tôt. La direction impute ce repli aux coûts liés à la migration de son système ERP et au déménagement de ses sites de production.
Les investisseurs peinent à apprécier ces chiffres, d’autant que le management a révisé en baisse ses prévisions annuelles il y a un peu plus d’une semaine. La fourchette de 250 à 270 millions de dollars australiens pour l’exercice 2026 se situe nettement sous les attentes du marché, qui tablait sur 323 à 341 millions. Depuis cet avertissement, le titre a perdu environ 9,1 %.
L’enquête du régulateur, une épée de Damoclès
Au-delà des fondamentaux, c’est l’enquête de l’ASIC, le gendarme financier australien, qui continue de peser sur la valorisation. Les contours exacts de cet examen restent flous, mais l’incertitude qu’il génère neutralise jusqu’aux bonnes nouvelles. Ainsi, un contrat de 5 à 10 millions de dollars américains avec la police de Kansas City, lié à la sécurisation de la Coupe du monde de football, n’a pas suffi à rassurer.
La dégradation du profil technique illustre cette défiance. Le cours évolue 15 % sous sa moyenne mobile à 50 jours et 34 % sous celle à 200 jours, qui se situe à 1,82 euro. L’indice RSI sur 14 jours, à 41,3, approche d’ailleurs des zones de survente sans signaler de retournement. Surtout, l’écart avec le sommet annuel de 3,79 euros atteint le 1er octobre 2025 atteint désormais 68 %. Sur un an, le titre accuse un repli de 33 %, et de 48 % par rapport au point équivalent de l’année précédente.
RfRecon, la nouvelle arme technologique
Le groupe ne reste pas inactif pour autant. Le 10 août, il a dévoilé RfRecon, son nouveau système portable de reconnaissance du spectre radiofréquence, bâti sur l’architecture propriétaire RfAI-3. La promesse est ambitieuse : une couverture spectrale multipliée par six et une puissance de calcul quadruplée par rapport aux offres existantes. Les capacités mémoire impressionnent également — 31 fois plus de stockage et huit fois plus de RAM que les générations précédentes —, de quoi décoder les signaux Wi-Fi, Bluetooth et Remote ID.
Présenté le lendemain lors de la conférence de croissance de Canaccord Genuity, ce produit s’inscrit dans une stratégie plus large. DroneShield y a détaillé une architecture de défense en six étages, combinant radar, capteurs optiques, guerre électronique et effecteurs cinétiques, avec des générations supplémentaires attendues d’ici fin 2027. L’écosystème du groupe est d’ores et déjà déployé dans plus de 70 pays auprès de forces armées, d’agences gouvernementales et d’opérateurs d’infrastructures critiques.
Des objectifs de cours rabotés
Les analystes ont logiquement ajusté leurs modèles. Chez Bell Potter, Baxter Kirk maintient sa recommandation d’achat mais réduit son objectif de cours de 4,80 à 2,50 dollars australiens. Canaccord Genuity, par la voix de Richard Harrisberg et Owen Humphries, confirme sa recommandation spéculative d’achat tout en ramenant la cible de 3,75 à 2,80 dollars australiens. Les deux maisons invoquent des attentes revues à la baisse sur la croissance des revenus matériels pour l’année civile en cours.
L’US Air Force a par ailleurs publié un appel d’offres pour des systèmes DroneShield IRK destinés à la base de Goodfellow, avec une attribution prévue le 1er septembre. Les salons de défense de MSPO à Kielce (8-11 septembre) et EUDEX à Essen (22-25 septembre) pourraient également générer de nouvelles commandes.
Reste l’échéance du 26 août, date de publication des résultats semestriels complets, suivie le lendemain d’un webinaire investisseurs. Le carnet de commandes fermes s’établissait fin juillet à 206 millions de dollars australiens pour l’exercice en cours. Suffisant pour inverser la tendance ? Rien n’est moins sûr tant que l’enquête de l’ASIC n’aura pas livré ses conclusions.
Publicité
Actions DroneShield: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de DroneShield et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de DroneShield entièrement gratuite : En savoir plus ici !

