DroneShield a profité de la journée de jeudi pour dévoiler simultanément une nomination stratégique et une avancée commerciale. Le spécialiste australien de la lutte anti-drones a confirmé l’arrivée de Rebecca Lowde au poste de directrice financière à compter du 2 novembre, en remplacement de Carla Balanco, qui quitte le groupe après plus de huit années de collaboration. En parallèle, l’entreprise a annoncé la toute première commande de son nouveau dispositif de reconnaissance radio RfRecon.
Un profil taillé pour les marchés de capitaux
La nouvelle venue cumule trois décennies d’expérience en finance et en direction d’entreprise. Elle a notamment officié chez MYOB, société détenue par le fonds d’investissement KKR, ainsi que chez Afterpay, où elle a piloté une augmentation de capital de 1,5 milliard de dollars américains et participé à l’acquisition de 39 milliards de dollars par Block. Son parcours inclut également des passages chez Salmat et Bravura.
Pour une société qui, de son propre aveu, devra encore lever des fonds pour financer sa croissance, ce bagage en matière de marchés de capitaux constitue un signal pertinent adressé aux investisseurs.
RfRecon : une première commande symbolique
En marge de cette nomination, DroneShield a fait état d’une commande initiale pour RfRecon, un équipement d’écoute radio assisté par intelligence artificielle. L’acheteur est un client militaire existant établi en Europe de l’Ouest, la livraison étant programmée d’ici fin 2026.
La direction insiste sur le fait que le montant du contrat n’est pas significatif. L’essentiel réside ailleurs : la validation de cette nouvelle génération de produits par un client de longue date. RfRecon avait été dévoilé en juillet aux côtés du moteur logiciel RfAI-3. La production en série doit démarrer au second semestre, les premières expéditions étant attendues avant la fin de l’année.
251 millions AUD déjà sécurisés pour 2026
DroneShield a chiffré à 251 millions de dollars australiens les revenus déjà contractuellement garantis pour l’exercice 2026, soit le bas de la fourchette de prévisions comprise entre 250 et 270 millions. À partir de 2027, 46 millions de dollars australiens de revenus sécurisés figurent d’ores et déjà dans les comptes.
Ces données s’inscrivent dans la trajectoire dessinée le mardi précédent lors de la publication des résultats semestriels : un chiffre d’affaires en hausse de 74 % à 125,8 millions de dollars australiens, accompagné d’une perte nette de 32,23 millions de dollars australiens, contre un bénéfice de 2,12 millions un an plus tôt. Le chiffre d’affaires récurrent, lui, a bondi de 229 % à 11,5 millions de dollars australiens, porté par un parc de 4 100 appareils compatibles logiciels déployés sur le terrain.
Le titre cherche encore un point d’appui
La réaction du marché aux résultats semestriels est restée mesurée, et le titre a depuis cédé 4,3 %. Jeudi, l’action a clôturé à 1,05 euro, en repli de 1,6 % sur la séance. Sur un mois, la baisse atteint 18 %, et depuis le début de l’année, la capitalisation a pratiquement été divisée par deux. L’écart avec le plus haut sur douze mois de 3,79 euros, touché début octobre, s’élève désormais à 72 %.
Cette faiblesse n’est pas propre à DroneShield. L’indice australien S&P/ASX200 a lâché environ 1 % jeudi, enregistrant une troisième séance consécutive de recul, plombé entre autres par la remontée des prix du pétrole liée aux tensions entre Washington et Téhéran. Le secteur technologique, auquel appartient DroneShield, a figuré parmi les plus mal orientés de la journée.
Bell Potter maintient sa recommandation
Malgré ce contexte boursier morose, les analystes ne revoient pas leur copie. Bell Potter a réaffirmé sa recommandation d’achat sur le dossier, avec un objectif de cours de 2,40 dollars australiens.
L’écart entre les annonces opérationnelles — carnet de commandes sécurisé, première commande RfRecon, direction financière expérimentée — et la tendance du cours invite les investisseurs à s’interroger sur la durée pendant laquelle le marché pourra ignorer ces avancées fondamentales.
Deux éléments seront déterminants pour la suite : la capacité du chiffre d’affaires sécurisé à se rapprocher du haut de la fourchette de prévisions dans les mois à venir, et la concrétisation de commandes supplémentaires après ce premier contrat RfRecon.
Sur le plan opérationnel, DroneShield poursuit par ailleurs son expansion : des partenariats ont été annoncés au premier semestre avec des acteurs tels que Terma, Parsons et Origin Robotics, l’entreprise a emménagé dans un nouveau site de production de 3 000 mètres carrés et a fabriqué pour la première fois du matériel en Europe en juin. Le dossier reste par ailleurs suivi par une enquête de l’autorité australienne des marchés, l’ASIC, portant sur des communications boursières et des transactions datant de novembre 2025 — la société indiquant qu’elle ne peut se prononcer sur les suites éventuelles.
Publicité
Actions DroneShield: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de DroneShield et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de DroneShield entièrement gratuite : En savoir plus ici !

