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Home » Nvidia : le patron du DOJ s’invite dans le dossier Groq, pendant que Wall Street voit plus haut

Nvidia : le patron du DOJ s’invite dans le dossier Groq, pendant que Wall Street voit plus haut

By 11 septembre 20266 Mins Read
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Image d'illustration générée par IA
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Deux récits opposés se disputent la vedette autour de Nvidia cette semaine. D’un côté, un parquet fédéral qui se demande si le géant des puces n’a pas habillé un rachat en simple contrat de licence. De l’autre, des analystes qui continuent de relever leurs objectifs de cours en parlant de demande « insatiable ». L’action, elle, a tranché à court terme : repli de 2,2 % hier à 188,14 euros, et un recul de 2,3 % sur la séance outre-Atlantique, autour de 218 dollars, au moment où l’enquête a filtré.

L’accord Groq dans le collimateur de Washington

Selon Bloomberg, le ministère américain de la Justice cherche à savoir si Nvidia a volontairement structuré son accord avec la jeune pousse Groq de manière à échapper à la procédure habituelle de contrôle des concentrations. En jeu : un contrat de licence de 20 milliards de dollars annoncé en décembre, que les enquêteurs soupçonnent d’avoir servi de paravent à un rachat de fait de la plupart des actifs de Groq. Objectif supposé de ce montage : rester sous le seuil de notification prévu par le Hart-Scott-Rodino Act.

Le dossier n’est pas isolé. Nvidia a déjà fait l’objet de plusieurs examens ces dernières semaines à propos d’autres acquisitions et participations. La nouveauté tient moins à la taille de l’opération qu’à sa forme juridique. La question de fond posée par les régulateurs est simple : un acteur détenant une telle part de marché peut-il encore signer des contrats de licence « ordinaires » sans éveiller les soupçons ? Cette même position dominante constitue pourtant l’argument central des analystes qui justifient leurs objectifs de cours. Le succès engendre sa propre menace.

L’expansion tous azimuts du groupe californien alimente d’ailleurs le contexte. En septembre, Nvidia a confirmé par voie de notification obligatoire le rachat de Hugging Face, Inc. pour 12,93 milliards de dollars, prolongeant une stratégie de sortie du seul métier des puces graphiques.

Côté insiders, les mouvements s’enchaînent

Les cessions de titres par les dirigeants nourrissent également les conversations. L’administrateur Mark A. Stevens s’est délesté, via un trust, de 1 848 501 actions à des prix compris entre 220 et 226 dollars. Il conserve après l’opération plus de 26,5 millions de titres, en direct et indirectement. Il a par ailleurs déposé une notification Form 144 pour céder cinq millions d’actions de classe A, pour une valeur d’environ 1,09 milliard de dollars. La semaine précédente, le même Stevens avait vendu pour près de 646,5 millions de dollars de titres. De tels signalements rendent régulièrement les investisseurs nerveux, même si l’intéressé reste un actionnaire de premier plan.

Autre figure suivie de près : Michael Burry a abandonné ses options put sur Nvidia à échéance décembre 2026 sans les reconduire, tout en conservant des positions vendeuses via des options 2027. Un geste qui ressemble davantage à une réduction tactique du risque qu’à un renoncement.

Les fondamentaux ne faiblissent pas

Sur le plan des comptes, la solidité reste intacte. Au deuxième trimestre de l’exercice 2027, clos le 26 juillet, le chiffre d’affaires a atteint 96,2 milliards de dollars, en progression de 106 % sur un an. La marge brute s’est établie à 75,0 %, en normes GAAP comme en données ajustées, et le bénéfice par action à 2,46 dollar (2,22 dollar en ajusté).

Pour le troisième trimestre, la direction vise 108,0 milliards de dollars de revenus, avec une fourchette de plus ou moins 2 %. Aucun chiffre d’affaires data center en provenance de Chine n’est intégré à cette prévision. La directrice financière Colette Kress anticipe par ailleurs une croissance de 70 % pour l’exercice 2028 et qualifie la perspective d’« limitée par l’offre », signe que la demande continue de dépasser les capacités disponibles.

Objectifs de cours relevés, discours inchangé

Les bureaux d’analyse ne boudent pas leur plaisir. Piper Sandler a ouvert sa couverture avec un objectif de 300 dollars : David O’Connor évoque une demande « insatiable » de puissance de calcul, portée par l’IA agentique. Nvidia détiendrait 80 % du marché du calcul dédié à l’IA et 50 % des volumes, une position jugée difficilement attaquable pour des années. Le chiffre d’affaires progresserait à un rythme annuel de 47 % jusqu’à l’exercice 2030, avec un BPA grimpant à 30 dollars. Rapporté aux estimations 2028, le multiple de 14 fois les bénéfices reste, selon cette thèse, raisonnable.

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Phillip Securities a de son côté relevé le 3 septembre son objectif de 285 à 300 dollars, en confirmant sa recommandation d’achat, sur la base d’une forte demande de serveurs d’IA et de l’expansion vers les puces sur mesure et l’automobile.

Lors de la conférence Communacopia + Technology de Goldman Sachs, le patron Jensen Huang s’est projeté sur les relais de croissance futurs : la cybersécurité devrait devenir, selon lui, le prochain grand cas d’usage de l’intelligence artificielle.

Un écosystème qui s’étend au-delà des puces

Nvidia ne se contente pas de vendre du silicium. Avec Palantir, le groupe a dévoilé une plateforme d’IA souveraine dédiée aux chaînes d’approvisionnement critiques — et Nvidia en est le premier client. Chaque rack de la future génération Vera Rubin compte environ 1,3 million de composants, répartis chez des milliers de fournisseurs. C’est précisément cette complexité que la nouvelle offre logicielle, combinant les modèles Nemotron et la plateforme Foundry de Palantir, entend rendre gérable. Un signal envoyé autant aux équipes internes qu’aux marchés : la question logistique n’est plus un coût, mais un relais de croissance à part entière.

À l’international, le groupe avance aussi. Avec Microsoft, Nvidia a présenté à l’IFA 2026 de nouveaux outils pour agents d’IA fonctionnant sur son propre matériel. En Australie, il déploie son infrastructure d’IA avec des partenaires locaux, avec une montée en puissance prévue d’ici 2027.

Une lecture technique sans direction claire

Les graphiques n’apportent pas de verdict tranché. Le titre évolue à environ 1,8 % au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours, établie à 184,70 euros — ni franche faiblesse, ni excès. Il se situe à près de 7 % sous son plus haut de 52 semaines de 202,50 euros, touché en mai, tout en restant 11 % au-dessus de sa moyenne à 200 jours, ce qui laisse intacte la tendance de fond malgré l’épisode actuel.

Ce jeudi marque par ailleurs le détachement du coupon trimestriel de 0,25 dollar par action, versé le 1er octobre.

Reste une interrogation que les chiffres ne tranchent pas : la vraie question n’est pas de savoir si Nvidia va continuer de croître — peu en doutent — mais si un groupe devenu, presque par définition, le goulot d’étranglement de toute l’industrie de l’IA pourra conserver ce rôle sans que les régulateurs finissent par intervenir. La réponse ne dépend plus du seul Nvidia.

Avis : Cet article a été créé à l'aide de l'intelligence artificielle et vérifié par la rédaction. La responsabilité éditoriale au sens de l'art. 50 du règlement (UE) 2024/1689 incombe à DNV Media GmbH.

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