Le calendrier de Nvidia est chargé cette semaine. Entre le versement d’un dividende trimestriel de 0,25 dollar par action aux actionnaires inscrits au registre ce jeudi — avec paiement prévu le 1er octobre — et une apparition très attendue à la conférence « Communacopia + Technology » de Goldman Sachs, le géant californien des puces met en avant sa nouvelle plateforme de centres de données Vera Rubin. Selon le groupe, celle-ci est déjà en pleine production en série, avec des racks déployés chez CoreWeave, Google Cloud, Microsoft Azure, Oracle Cloud Infrastructure et Nebius. Pour le troisième trimestre fiscal en cours, Vera Rubin devrait représenter environ un cinquième du chiffre d’affaires des centres de données.
Cette séquence intervient alors que la feuille de route technologique s’étoffe. Les médias ont rapporté mercredi que le rack Groq-3-LPX est également entré en production de masse, avec des livraisons prévues plus tard dans l’année — accompagnées de CPU Vera et de GPU Rubin — à destination de Nebius. Un détail qui en dit long sur la manière dont Nvidia verrouille sa position, non plus seulement comme fournisseur de puces, mais comme architecte de systèmes complets.
Des résultats qui parlent d’eux-mêmes
Les fondamentaux restent solides. Au deuxième trimestre de l’exercice, publié le 26 août, Nvidia a dégagé un chiffre d’affaires de 96,2 milliards de dollars, en hausse de 106 % sur un an. La marge brute s’est établie à 75,0 %, tant en normes GAAP que non-GAAP. Pour le trimestre en cours, le groupe vise environ 108 milliards de dollars, avec une fourchette de plus ou moins 2 %, en excluant explicitement tout revenu provenant des puces pour centres de données destinées à la Chine.
La demande ne faiblit pas. AWS a en effet relevé son engagement initial de plus d’un million de GPU Nvidia en ajoutant deux millions d’unités supplémentaires des gammes Blackwell Ultra, Rubin et Rubin Ultra pour les années 2027 et 2028. Le constructeur justifie cet ajustement par des commandes initiales qui ont dépassé les attentes.
Un titre en retrait malgré des perspectives ambitieuses
En Bourse, l’enthousiasme est plus mesuré. L’action a clôturé mercredi à 192,40 euros, en baisse de 0,9 % sur la séance et de 2,1 % sur la semaine. Le titre évolue ainsi environ 5 % sous son plus haut sur 52 semaines de 202,50 euros, touché à la mi-mai. Sur douze mois, la progression atteint tout de même 27 %, et 20 % depuis le début de l’année.
Le groupe continue par ailleurs d’alimenter son programme de rachat d’actions. Au deuxième trimestre, 94 millions de titres ont été rachetés pour 19,7 milliards de dollars, portant le total du premier semestre à 203 millions d’actions pour 39,8 milliards de dollars. Fin juillet, il restait une capacité de rachat de 99,3 milliards de dollars, après l’approbation en mai d’une autorisation supplémentaire de 80 milliards sans date d’expiration.
Pour l’exercice qui débutera début 2027, Nvidia promet une croissance du chiffre d’affaires de 70 % par rapport à l’année précédente. Un objectif ambitieux dont la crédibilité dépendra largement de la montée en cadence de Vera Rubin — et que le passage devant Goldman Sachs permettra d’éprouver.
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