L’écart se creuse entre la performance opérationnelle de DroneShield et la réaction du marché. Le spécialiste australien de la lutte anti-drone affiche des indicateurs records, mais son action a clôturé vendredi à 2,18 euros, cédant 3,8 % sur la séance. Depuis son plus haut sur douze mois (3,65 euros), le repli atteint 40 %. Pourtant, sur un an, la progression dépasse encore 210 %.
Hamish McLennan prend les rênes
Le changement le plus marquant de la semaine est d’ordre humain. Hamish McLennan a officiellement rejoint le conseil d’administration le 1er mai. Il en prendra la présidence à l’issue de l’assemblée générale du 29 mai à Sydney, succédant à Peter James, qui quitte le navire après dix ans de service — il était aux commandes depuis l’introduction en Bourse en 2016.
McLennan n’est pas un inconnu dans le paysage australien. Sous sa houlette, la capitalisation de REA Group, le géant immobilier en ligne, est passée de 2 à 20 milliards de dollars australiens. Pour marquer son engagement personnel, il acquerra des actions DroneShield pour environ 200 000 dollars australiens après l’AG, avec une période de détention jusqu’en mai 2027 au moins.
Un premier trimestre qui donne le vertige
Les chiffres du premier trimestre 2026 offrent à McLennan une base de travail solide. Le chiffre d’affaires a bondi de 121 % sur un an, à 74,1 millions de dollars australiens (contre 33 millions un an plus tôt). Les encaissements clients ont atteint 77,4 millions. Mais le chiffre qui impressionne le plus est le flux de trésorerie opérationnel : 24 millions de dollars australiens, un record absolu pour la société.
La trésorerie dépasse désormais les 200 millions de dollars australiens. Avec 70 millions alloués à la recherche et développement, DroneShield peut financer sa croissance sans recourir au marché. Le carnet de commandes fermes pour l’exercice en cours atteint près de 155 millions, tandis que le pipeline commercial s’élève à 2,2 milliards, répartis sur plus de 300 projets distincts.
L’Europe comme nouveau terrain de jeu
L’internationalisation s’accélère. DroneShield a signé une lettre d’intention avec le danois Terma, spécialiste de la défense. L’accord prévoit une commercialisation conjointe de systèmes anti-drones : les Australiens apportent leur logiciel de détection basé sur l’intelligence artificielle et leurs capacités de guerre électronique, tandis que Terma intègre ses systèmes de défense aérienne éprouvés.
Terma, qui a déjà une empreinte opérationnelle en Europe via le britannique Operational Solutions Ltd — notamment sur une base aérienne norvégienne —, ouvre des portes que DroneShield n’aurait pu franchir seul. Parallèlement, la société australienne installe son quartier général européen à Amsterdam. La production doit démarrer dans un pays de l’UE non encore dévoilé d’ici mi-2026, via un partenaire local. Les premières livraisons sont attendues à cette échéance.
La capacité de production, qui tourne autour de 500 millions de dollars australiens en 2025, doit passer à 2,4 milliards d’ici fin 2026. Un bond qui s’inscrit dans le cadre du programme de défense européen de 800 milliards d’euros.
Des analystes divisés, une AG sous tension
Bell Potter maintient une recommandation d’achat avec un objectif de 4,80 dollars australiens, misant sur la demande soutenue des programmes de défense occidentaux. Jefferies, qui a initié la couverture, est plus mesuré : avis « conserver » et objectif de 3,70 dollars australiens, jugeant la valorisation ambitieuse au regard de la visibilité limitée sur les résultats.
L’assemblée générale du 29 mai officialisera McLennan à la présidence et soumettra plusieurs résolutions au vote des actionnaires. L’objectif stratégique, lui, reste inchangé : atteindre un chiffre d’affaires annualisé d’un milliard de dollars australiens d’ici 2030. La réaction du marché à la nouvelle configuration de gouvernance déterminera sans doute l’orientation du titre en juin.
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