L’action DroneShield a surpris vendredi en s’envolant de 5,77 % à 1,78 euro. Ce sursaut offre un peu d’air à un titre qui a perdu près de 14 % sur les trente derniers jours et qui reste à plus de 50 % de son record annuel de 3,65 euros. Pourtant, la demande concrète pour ses systèmes ne cesse de croître, que ce soit aux États-Unis ou en Europe.
Le groupe australien a récemment décroché un contrat de 24,9 millions de dollars avec le Pentagone, intégrant sa technologie directement dans la coordination antidrone américaine. Plus près de nous, il participe à la sécurisation de la Coupe du monde 2026 à Kansas City, en déployant des capteurs capables de détecter et suivre les drones dans le ciel de la région. De quoi démontrer que DroneShield n’est plus un simple fournisseur de brouilleurs tactiques, mais un acteur incontournable des grandes infrastructures critiques.
Mais le marché reste méfiant. Une enquête de l’ASIC, le gendarme boursier australien, porte sur des achats d’actions et des communications passés. Ce nuage réglementaire pèse lourdement sur la confiance des investisseurs, d’autant que le titre évolue environ 15 % en dessous de sa moyenne mobile à 200 jours (2,07 euros). Pour espérer une véritable reprise technique, DroneShield devra non seulement dissiper les doutes juridiques, mais aussi enchaîner les commandes majeures au second semestre.
Parallèlement, le groupe accélère sa mue stratégique. Avec 450 employés, une nouvelle usine à Sydney et un centre européen à Amsterdam, il mise désormais sur le logiciel et l’intelligence artificielle. La prochaine mise à jour de sa plateforme, prévue au deuxième trimestre 2026, fusionnera automatiquement les données de capteurs, réduisant la charge des opérateurs. Ce virage vers le « cerveau numérique » de la défense antidrone pourrait, à terme, justifier une valorisation plus élevée que les 1,56 milliard d’euros actuels.
En attendant, le RSI oscille autour de 40, zone neutre mais tendue. Le titre s’est certes plus que doublé depuis son plancher de novembre 2025 (0,82 euro), mais l’horizon reste chargé. L’enquête australienne, les besoins opérationnels pressants et la nécessité de prouver sa capacité à décrocher des contrats récurrents font de DroneShield un pari à très haut risque, malgré une croissance structurelle indéniable.
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