L’action Eutelsat traverse une semaine mouvementée. Après une envolée spectaculaire depuis janvier (+81% sur l’année), le titre a dévissé de près de 24% en sept jours, tombant à 3,24 euros mercredi, soit 6,9% de baisse sur la seule séance. Ce retournement brutal intervient alors même que l’opérateur satellite multiplie les bonnes nouvelles opérationnelles. Le marché semble tiraillé entre la promesse d’un avenir connecté et le coût colossal de sa transformation.
En pleine tempête boursière, Eutelsat renforce discrètement sa présence en Afrique. L’annonce d’une extension de partenariat avec Airtel Madagascar vise à apporter l’internet haut débit via la constellation OneWeb dans les zones rurales et enclavées de l’île. Concrètement, les satellites en orbite basse (LEO), évoluant entre 160 et 2 000 kilomètres d’altitude, promettent une latence d’environ 70 millisecondes – bien inférieure à celle des satellites géostationnaires classiques. Le réseau hybride prévu combinera la capacité LEO avec les infrastructures 4G et fibre existantes, ciblant entreprises, établissements de santé et administrations.
Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique de chiffre d’affaires déjà visible. Sur le troisième trimestre de l’exercice 2025/26, Eutelsat a dégagé un chiffre d’affaires consolidé de 293 millions d’euros, en hausse de 3,1% à taux de change constants. Mais derrière cette progression modérée se cachent deux réalités opposées : le segment vidéo s’effondre de 13,3% à 128 millions, tandis que la connectivité bondit de 15,3% à 155,7 millions. Le LEO, avec un chiffre d’affaires en hausse de 65% à 62,2 millions, est le moteur principal. La connectivité représente désormais 55% des revenus trimestriels, contre 45% pour la vidéo – un basculement structurel.
Le carnet de commandes confirme ce virage. Fin mars 2026, il atteignait 3,4 milliards d’euros, soit 2,8 fois le chiffre annuel 2024/25. La connectivité y contribue déjà à hauteur de 58%. Ces engagements contractuels donnent de la visibilité sur la trajectoire de croissance, à condition que la machine commerciale continue de tourner. C’est tout l’enjeu des salons de Boca del Río (Mexique, pétrole) et d’Athènes (Posidonia, maritime) où Eutelsat courtise les clients de l’énergie, de l’offshore et du transport.
Pour financer cette expansion, le groupe a bouclé un programme de refinancement d’environ 5 milliards d’euros, dont une émission obligataire de 1,5 milliard. L’objectif est de couvrir les besoins d’investissement jusqu’en 2029. La direction confirme pour l’exercice en cours une croissance de 50% du chiffre d’affaires LEO, des investissements bruts de 900 millions d’euros et un endettement net autour de 2,7 fois l’Ebitda en fin d’année. Des promesses qui n’ont pas suffi à rassurer les investisseurs, la volatilité annualisée sur 30 jours dépassant 100%. Le titre, à 3,27 euros, reste 29% sous son plus haut annuel de 4,62 euros touché à la mi-mai.
Les tests récents de connectivité ferroviaire en mobilité, avec des débits descendants stables allant jusqu’à 100 Mbit/s, démontrent le potentiel technique de la constellation. Mais ces avancées ne font pas encore le poids face aux inquiétudes sur le coût du déploiement. Les analystes, majoritairement neutres, mettent en balance le carnet de commandes en hausse – clients gouvernementaux, maritime – et la lourde facture d’investissement. Le prochain rendez-vous est fixé en août avec la publication des résultats du quatrième trimestre et de l’exercice complet. Ce sera l’heure de vérité pour savoir si la machine LEO convertit enfin sa promesse en cash.
Publicité
Actions Eutelsat: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Eutelsat et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Eutelsat entièrement gratuite : En savoir plus ici !

