La mue d’Eutelsat s’accélère dans les comptes. Au troisième trimestre, les revenus tirés de la constellation en orbite basse (LEO) ont bondi de 65 %, portant la division connectivité à 55 % du chiffre d’affaires opérationnel vertical, soit 155,7 millions d’euros sur le trimestre. Cette performance efface en partie l’érosion du cœur historique, la vidéo, et conforte la feuille de route du management, qui maintient un objectif de progression annuelle de 50 % pour les revenus LEO.
L’embellie opérationnelle se double d’un réaménagement financier d’envergure. En mars 2026, le groupe a bouclé une émission obligataire senior de 1,5 milliard d’euros, scindée en deux tranches : 850 millions à cinq ans et 650 millions à sept ans. Les fonds ont servi à rembourser des dettes arrivant à échéance plus tard, libérant ainsi des marges de manœuvre pour le développement de la prochaine génération de satellites OneWeb. Cette opération a rassuré les analystes, qui ont relevé leurs estimations de bénéfices pour 2026, réduisant la perte attendue par action à environ 27 centimes.
La Bourse avait déjà anticipé ce virage. Sur la seule dernière semaine de mai, le titre a grimpé de 31 %, et depuis le 1er janvier, il affiche une hausse vertigineuse de 109 %, clôturant vendredi à 3,74 euros. Pourtant, l’écart avec les objectifs des analystes reste frappant : le consensus affiche un cours cible moyen de 2,40 euros, soit une prime de plus de 55 % par rapport au niveau actuel. Cette divergence témoigne d’un engouement spéculatif nourri par le regain d’intérêt pour les opérateurs de constellations LEO, après les dépôts d’introduction en Bourse d’un concurrent majeur.
Techniquement, l’action évolue bien au-dessus de ses moyennes mobiles clés, mais l’indice RSI à 38 points n’indique pas encore de surachat. Ce profil mixte ouvre la voie à des prises de bénéfices possibles, sans pour autant casser la dynamique haussière. Le prochain test se jouera autour de la zone des 3,80 euros, alors que le carnet de commandes frôle 3,4 milliards d’euros et que l’exercice fiscal s’achève le 30 juin.
L’été s’annonce dense. La direction doit trancher sur le fabricant de la deuxième génération de satellites OneWeb, une décision qui fixera le cap technologique pour les années à venir. Parallèlement, le PDG Jean-François Fallacher, en poste depuis juin 2025, devra démontrer que la stratégie de « connectivity-as-a-service » se traduit en marges solides. Le prochain rendez-vous majeur est fixé au 7 août 2026 pour les résultats annuels : d’ici là, la prime de transformation reste élevée dans le cours.
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