La fièvre diplomatique autour du dossier iranien a offert un répit de courte durée au marché aurifère. Vendredi, l’once d’or a grimpé de près de 1 % pour s’établir à 4 744,80 dollars, portée par l’annonce de négociations entre Téhéran et Washington sous médiation pakistanaise. Mais ce sursaut n’a pas suffi à effacer une semaine difficile : le métal jaune accuse toujours un repli de plus de 2 % sur sept jours.
Cette volatilité traduit un marché tiraillé entre des forces contradictoires. D’un côté, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les achats massifs des banques centrales soutiennent les cours. De l’autre, la persistance d’une politique monétaire restrictive aux États-Unis pèse lourdement sur un actif qui ne génère aucun rendement.
Les banques centrales jouent leur propre partition
Le soutien le plus visible vient des institutions monétaires. La Pologne a ainsi acquis 20 tonnes d’or au mois de février, signe d’une défiance croissante envers la stabilité géopolitique mondiale. Au total, les banques centrales ont ajouté 27 tonnes nettes à leurs réserves le mois dernier. Mais ce mouvement n’est pas unanime : la Russie et la Turquie ont profité des prix élevés pour alléger leurs stocks, cette dernière ayant cédé 52 tonnes au printemps.
Ce double jeu des autorités monétaires contraste avec l’attitude des investisseurs financiers. Les fonds négociés en bourse (ETF) adossés à l’or ont débouclé 90 tonnes de positions en mars, après une période d’achats soutenus. Un revirement qui a accéléré la chute des cours lorsque le métal précieux a enfoncé des seuils techniques clés, notamment sa moyenne mobile à 50 jours située à 4 883 dollars.
Morgan Stanley taille dans ses prévisions
Dans ce climat incertain, Morgan Stanley a revu ses anticipations à la baisse. La banque d’investissement américaine a réduit son objectif de cours pour le second semestre de près de 10 %, le ramenant de 5 700 à 5 200 dollars l’once. Les analystes justifient cette prudence par un changement de paradigme : l’or se comporterait désormais davantage comme un actif sensible aux taux d’intérêt que comme une valeur refuge traditionnelle.
Le contexte macroéconomique leur donne raison. Le blocage du détroit d’Ormuz a propulsé le baril de Brent au-dessus de 105 dollars, soit une hausse de plus de 17 % sur la semaine. Cette flambée de l’énergie ravive les craintes inflationnistes, ce qui repousse les perspectives de baisse des taux. Le rendement des emprunts d’État américains à dix ans a franchi la barre psychologique des 2 %, tandis que le dollar se renforçait. Deux vents contraires pour un métal qui ne verse aucun intérêt.
Des objectifs très divergents sur le marché
Les grandes banques de Wall Street peinent à s’accorder sur la trajectoire du métal jaune. Pour la fin de l’année, les prévisions oscillent entre 4 323 dollars (Macquarie Group) et 6 300 dollars (J.P. Morgan). BNP Paribas table sur une moyenne de 5 620 dollars, tandis que la Commerzbank se montre plus prudente avec 5 000 dollars. Goldman Sachs, de son côté, maintient son objectif de 5 400 dollars, misant sur la poursuite des achats des banques centrales et sur l’hypothèse d’un assouplissement monétaire de la Fed.
La semaine qui s’ouvre sera décisive. La Réserve fédérale américaine annoncera sa décision de taux mercredi soir, suivie jeudi par la Banque centrale européenne et les premières estimations de la croissance américaine. Si les indicateurs économiques montrent des signes de ralentissement, l’or pourrait retrouver des couleurs. À l’inverse, une inflation et une croissance toujours vigoureuses verrouilleraient le scénario de taux élevés, avec le risque, évoqué par certains opérateurs, d’un tour de vis supplémentaire sous la présidence de Kevin Warsh à la Fed dès 2026.
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