Le coup est rude pour la biotech française. L’action Valneva a clôturé vendredi à 2,35 euros, son plus bas niveau depuis un an, plombée par un double mouvement de défiance. Goldman Sachs a non seulement dégradé le titre de « Neutre » à « Vendre », mais a aussi sabré son objectif de cours de 3,25 à 2,15 euros. Depuis le début de l’année, la perte atteint près de 39 %, et le titre évolue environ 41 % sous sa moyenne mobile à 200 jours.
La banque américaine justifie ce verdict par une série de déconvenues accumulées sur douze mois. En tête de liste : le retrait du marché du vaccin du voyageur Ixchiq, les résultats décevants de l’étude VALOR sur le candidat contre la maladie de Lyme, et l’incertitude qui entoure l’homologation du PF-07307405. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une marge brute négative de 10 % et une perte d’EBITDA de 76 millions de dollars sur la période.
VALOR : une efficacité réelle, une validation statistique manquée
Les données de l’étude de phase 3 ne sont pourtant pas un échec clinique pur. Le vaccin a démontré une efficacité de 73,2 % par rapport au placebo, 28 jours après la quatrième dose. Problème : le seuil de significativité statistique préétabli n’a pas été atteint, en raison d’un nombre de cas de borréliose inférieur aux prévisions. Une analyse modifiée fait grimper ce chiffre à 74,8 %, cette fois avec une significativité statistique. Mais pour les autorités réglementaires, la question reste entière : quelle analyse retenir ?
Malgré ce flou, Pfizer et Valneva maintiennent leur intention de déposer des demandes d’homologation aux États-Unis et en Europe. La réponse des agences sanitaires est attendue, mais rien n’est joué.
Un consensus d’analystes fracturé
Le camp des analystes est divisé comme rarement. Jefferies campe sur une recommandation d’achat avec un objectif de 15 dollars, jugeant les données de VALOR suffisamment solides. Guggenheim a certes réduit son objectif de 13 à 11 dollars, mais reste à l’achat. Pour le premier trimestre 2026, Guggenheim table sur des revenus de 49,1 millions d’euros, nettement au-dessus du consensus de marché à 45,1 millions.
À l’opposé, Goldman Sachs voit peu de raisons d’espérer. Le chemin réglementaire est jugé trop incertain, et la situation financière trop fragile. Les résultats annuels 2025 confirment la pression : un chiffre d’affaires de 174,7 millions d’euros, conforme aux prévisions, mais une perte nette de 115,2 millions d’euros, en hausse de plus de 840 % par rapport à 2024. La trésorerie s’établit à 109,7 millions d’euros, soutenue par un moindre flux de trésorerie négatif et un refinancement de la dette.
Une enquête qui pèse sur le moral
À ces difficultés s’ajoute un volet judiciaire. Le cabinet d’avocats américain Pomerantz LLP a ouvert une enquête pour déterminer si Valneva a induit les investisseurs en erreur sur les chances de succès de l’étude VALOR. Aucune plainte n’a encore été déposée, mais la seule existence de cette investigation entretient un climat de défiance.
Les prochains rendez-vous pour inverser la tendance
Le 7 mai prochain, Valneva publiera ses résultats du premier trimestre 2026. Si le groupe parvient à dépasser les attentes, cela pourrait offrir un répit au titre. La liquidité n’est pas encore un problème immédiat — le ratio de liquidité générale s’établit à 2,38 — mais la volatilité annualisée de plus de 108 % témoigne de la nervosité ambiante.
Un autre catalyseur est attendu dans la seconde moitié de l’année : les données de phase 2 du candidat vaccin contre Shigella, développé en partenariat avec Pfizer. Si ces résultats sont positifs, ils pourraient redonner de la visibilité à la pipeline. Dans le cas contraire, la pression sur l’action risque de s’accentuer encore.
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