Le marché de l’or présente un visage contrasté ce mercredi, tiraillé entre des flux financiers qui changent de main et une industrie en pleine consolidation. La cotation se maintient juste sous les 4 750 dollars l’once, affichant malgré tout une progression solide de plus de 9% depuis le début de l’année.
Un signal structurel fort émerge d’Asie. L’écart de prix entre la bourse de Shanghai et le marché spot européen, le « China-Spread », s’est effondré en une semaine, passant de 12 à seulement 1 dollar l’once. Cette compression révèle un déplacement de l’impulsion : les flux de capitaux occidentaux, avec une hausse de 65 dollars sur la période, dopent désormais les cours plus vigoureusement que la demande chinoise, limitée à une avance de 54 dollars.
Pourtant, le rôle structurel de la Chine demeure intact. La Banque populaire a procédé en mars à son 17ème achat mensuel consécutif, ajoutant cinq tonnes à ses réserves, soit le plus important renforcement depuis février 2025. Parallèlement, les ETF chinois dédiés à l’or ont enregistré des entrées de capitaux pendant sept mois d’affilée.
Cette dynamique des prix évolue dans un contexte géopolitique toujours tendu. Les déclarations du président américain Donald Trump sur une prolongation du cessez-le-feu avec l’Iran masquent mal une réalité conflictuelle. Téhéran maintient la fermeture du détroit d’Hormuz, point de passage crucial pour le commerce mondial, tant que la marine américaine continue ses patrouilles. Des rapports faisant état de plusieurs navires de fret attaqués ou immobilisés entretiennent la nervosité des investisseurs, qui trouvent dans le métal précieux une valeur refuge. Depuis le début du conflit, l’or a cependant reculé d’environ 10%.
Sur le front monétaire, les propos de Kevin Warsh, candidat à la présidence de la Fed, lors de son audition au Sénat ont suscité une certaine appréhension. Tout en promettant l’indépendance de l’institution, il a appelé à un nouveau cadre pour lutter contre une inflation persistante, sans fournir de détails. Le prochain rendez-vous du Comité fédéral de l’open market (FOMC) les 28 et 29 avril est très attendu. Le marché anticipe une quasi-certitude (99,5%) que les taux resteront inchangés, ce qui limite le potentiel de hausse immédiat de l’or.
Dans ce paysage, les acteurs du secteur accélèrent leurs manœuvres stratégiques. Les producteurs et financeurs profitent des niveaux de prix élevés pour consolider leurs actifs. La société Gold Candle a finalisé ce mercredi l’acquisition de Fokus Mining pour environ 65 millions de dollars canadiens. Cette transaction donne accès au projet Galloway au Québec, qui recèle des ressources estimées à près d’un million et demi d’onces d’or.
Le mouvement est plus large. Wheaton Precious Metals étend considérablement son portefeuille en injectant 300 millions de dollars dans un accord avec KGL Resources en Australie. Un autre accord majeur se précise en Équateur, où CMOC Group finalise les détails pour le projet aurifère Cangrejos. Les frais de licence initiaux devraient atteindre 54 millions de dollars, dont 34 millions payables immédiatement après la signature.
Malgré un environnement de taux restrictif à court terme, la perspective à plus long terme reste soutenue par certains acteurs. Goldman Sachs maintient son objectif de cours à 5 400 dollars l’once pour fin d’année. Les analystes de la banque s’appuient sur la persistance des achats des banques centrales, évalués à environ 60 tonnes par mois, et sur l’attente de deux baisses de taux de la Fed au cours de l’année. L’évolution des pourparlers avec l’Iran pourrait, entre-temps, réévaluer brutalement la prime de risque et redonner un coup de fouet au métal jaune.
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