La mécanique des marchés financiers réserve parfois des surprises de taille. Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient s’intensifient, l’or aurait dû briller. C’est tout le contraire qui s’est produit cette semaine, le métal jaune cédant du terrain dans un contexte pourtant favorable aux valeurs refuges.
Un paradoxe qui s’explique par la chaîne des causalités
Le scénario est bien connu des analystes, mais rarement aussi flagrant. Les discussions entre Washington et Téhéran à Islamabad ont achoppé, faisant grimper les prix du pétrole. Or, la hausse de l’énergie alimente les craintes inflationnistes, ce qui renforce l’hypothèse d’un maintien prolongé des taux d’intérêt élevés par la Réserve fédérale. Pour un actif sans rendement comme l’or, c’est un poison lent.
Vendredi, le métal précieux a clôturé à 4 725 dollars l’once, selon les données de marché. Sur la semaine, le repli atteint environ 2,7 %. Depuis le début de l’année, l’or conserve néanmoins une progression de 8,8 %, un gain qui masque la violence du récent mouvement correctif.
Le mécanisme est implacable : le blocus du détroit d’Ormuz, toujours maintenu par l’Iran, fait flamber les cours du brut. Ceux-ci alimentent les anticipations d’inflation, qui à leur tour renforcent la probabilité de nouvelles hausses de taux. Pour un placement qui ne distribue aucun intérêt, l’équation devient intenable.
Une correction technique qui interroge
Le cours évolue désormais environ 3 % sous sa moyenne mobile à 50 jours, située à 4 882 dollars. Le RSI, indicateur de momentum, oscille autour de 50, un niveau neutre qui ne signale ni excès d’achat ni excès de vente. Le marché semble en suspens, en attendant une direction claire.
Depuis le record absolu touché fin janvier à 5 450 dollars, l’or a perdu près de 13 %. La zone de soutien autour de 4 700 dollars a jusqu’ici tenu bon, mais sa solidité dépendra des prochains développements. Les investisseurs surveilleront de près les indicateurs américains à venir, notamment le Chicago Fed National Activity Index et les chiffres de l’emploi, qui pourraient rebattre les cartes des anticipations de taux.
Les banques d’affaires maintiennent le cap malgré la tempête
Fait notable, les grandes institutions financières ne cèdent pas à la panique. Goldman Sachs vise toujours 5 400 dollars pour la fin de l’année, tandis que Deutsche Bank maintient son objectif à 6 000 dollars. J.P. Morgan a même relevé le sien à 6 300 dollars, arguant d’une demande structurelle des banques centrales et des investisseurs privés.
Goldman Sachs justifie sa position par un argument de fond : les investisseurs particuliers qui ont acquis de l’or comme couverture contre les risques macroéconomiques de long terme conserveront leurs positions. Les risques seraient « nettement orientés à la hausse », dans la mesure où la diversification reste une priorité dans un environnement mondial incertain.
Un équilibre fragile entre diplomatie et escalade
L’évolution du dossier iranien reste la variable clé. Un éventuel accord entre Washington et Téhéran pourrait dégonfler la prime de risque sur le pétrole et, par ricochet, offrir un répit à l’or. À l’inverse, un enlisement du conflit maintiendrait la pression sur le métal jaune.
Le paradoxe est total : jamais l’or n’a semblé aussi peu réactif aux tensions géopolitiques. La raison tient en un mot : l’inflation. Ce qui profite au pétrole nuit à l’or, et ce lien devrait continuer de structurer les marchés dans les semaines à venir. La prochaine décision du FOMC, le 29 avril, sera déterminante : si la Fed surprend par un ton plus accommodant, l’or pourrait retrouver des couleurs. Dans le cas contraire, la correction pourrait s’accentuer.
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