Le marché de l’or vit une situation pour le moins contre-intuitive. Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient au Moyen-Orient, le métal jaune dégringole de plus de 2% pour s’établir à 4.596 dollars l’once. Un paradoxe qui s’explique par un enchaînement logique : la diplomatie qui échoue fait flamber le pétrole, et le pétrole qui flambe ravive les craintes inflationnistes, ce qui maintient la pression sur les taux d’intérêt.
Donald Trump a mis fin aux espoirs d’une détente dans le conflit américano-iranien en rejetant la proposition de Téhéran transmise via des médiateurs pakistanais pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Résultat : les marchés redoutent désormais une pénurie énergétique durable, ce qui propulse les cours du brut et renforce le dollar américain. Pour l’or, c’est un double coup dur : un billet vert qui monte et des rendements obligataires qui grimpent réduisent mécaniquement l’attrait du métal précieux, qui ne rapporte aucun intérêt.
Des analystes qui défient la gravité
Pourtant, alors que le cours accuse un recul d’environ 15% par rapport à son sommet de janvier à 5.450 dollars, les prévisionnistes n’ont jamais été aussi optimistes. Une enquête Reuters menée auprès de 31 analystes et traders, publiée le 27 avril 2026, dévoile une médiane de 4.916 dollars pour l’ensemble de l’année — le consensus le plus élevé depuis le début de cette enquête en 2012. Il y a trois mois à peine, cette médiane s’établissait à 4.746,50 dollars. Une révision à la hausse qui intervient en pleine correction.
Goldman Sachs maintient son objectif de 5.400 dollars d’ici la fin de l’année, malgré la chute de plus de 10% enregistrée en mars. UBS a certes abaissé son objectif à court terme à 5.200 dollars pour juin, mais vise toujours 5.900 dollars à fin 2026, porté par les risques de stagflation, l’incertitude géopolitique et la demande persistante des banques centrales.
La Fed en embuscade, les banques centrales en mode attente
Le marché retient son souffle avant la décision du FOMC ce soir, publiée à 20h00 HE, suivie d’une conférence de presse à 20h30. Selon le CME Group, la probabilité d’un statu quo sur le taux des Fed Funds, maintenu entre 3,50 et 3,75%, atteint 99,5%. Pour l’or, cela signifie un potentiel de hausse plafonné à court terme. Les regards se tournent surtout vers les signaux sur la future orientation politique — il pourrait s’agir de la dernière réunion de Jerome Powell à la tête de la Fed.
Côté fondamentaux, le tableau se dégrade à court terme sans se transformer en profondeur. Les achats des banques centrales mondiales ont ralenti à 5 tonnes en janvier 2026, contre une moyenne mensuelle de 27 tonnes en 2025. Mais la demande s’est diversifiée géographiquement : la Malaisie et la Corée du Sud ont repris leurs achats de réserves après une longue pause.
Des producteurs qui surfent sur la vague
Malgré le repli récent, l’or affiche encore une progression de près de 6% depuis le début de l’année. Un niveau de prix qui reste très confortable pour les mineurs. Newmont, le géant du secteur, a dégagé un flux de trésorerie disponible de 3,1 milliards de dollars au premier trimestre, illustrant la rentabilité exceptionnelle des opérateurs miniers.
D’un point de vue technique, le tableau s’assombrit. L’once est passée sous des moyennes mobiles clés, comme la moyenne à 50 jours. Les observateurs identifient le prochain support critique autour de 4.300 dollars. L’évolution du cours dans les semaines à venir dépendra désormais de la capacité des diplomates à renouer le dialogue — ou de la rapidité avec laquelle la Fed pourrait infléchir sa politique monétaire.
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