Le marché de l’or vit une contradiction historique. Alors que les investisseurs occidentaux battent en retraite, les banques centrales accélèrent leurs achats. Et pour couronner le tout, une enquête du Trésor américain jette le doute sur la pureté des chaînes d’approvisionnement. L’once s’échange autour de 4 689 dollars, en hausse de plus de 8 % depuis janvier, mais le tableau est loin d’être uniforme.
12,7 milliards de dollars évaporés des ETF
Les données du State Street April-Monitor sont sans appel. Les ETF aurifères nord-américains ont subi en avril des sorties nettes de 12,7 milliards de dollars. C’est la pire décollecte mensuelle en cinq ans. Les investisseurs, grisés par les records des marchés actions, délaissent le métal jaune pour courir après des rendements plus immédiats.
Ce mouvement de défiance contraste violemment avec l’appétit des banques centrales. Les experts de J.P. Morgan tablent sur des achats institutionnels de l’ordre de 800 tonnes en 2026. La Malaisie, la Corée du Sud et la Chine mènent la danse. Cette demande structurelle agit comme un rempart face à la vague de ventes occidentales.
Le spectre du pétrole et des taux
La pression ne vient pas que des flux financiers. La hausse du brut ranime les craintes inflationnistes. L’indice des prix à la consommation américain a grimpé à 3,3 % en mars, renforçant l’immobilisme attendu de la Fed mercredi. Des taux élevés, c’est le poison du métal jaune qui ne rapporte rien. D’autant que le rendement du 10 ans américain atteint 4,3 %, rendant les obligations souveraines plus séduisantes.
Sur le front géopolitique, les négociations entre Washington et Téhéran s’intensifient. Un plan iranien visant à rouvrir des voies maritimes bloquées est sur la table. La Maison-Blanche l’examine. En attendant la décision de la Fed, le marché devrait osciller dans une fourchette étroite. Un franchissement des 4 800 dollars remettrait le plus haut annuel dans le viseur.
Quand le scandale éclabousse l’image du métal jaune
Mais un autre dossier ternit la réputation de l’or. Une enquête du Trésor américain a mis au jour des pratiques douteuses dans les chaînes d’approvisionnement des fournisseurs de la Monnaie américaine. Au lieu d’utiliser du minerai local pour frapper les pièces d’investissement, ces intermédiaires auraient importé de grandes quantités d’or étranger, fondu avec des stocks américains, puis revendu le tout à l’administration.
Les pistes remontent vers la République démocratique du Congo, des mines sud-américaines et des prêteurs sur gages mexicains. La Colombie est particulièrement dans le collimateur : l’or illégal transitait par des intermédiaires avant d’atterrir au Texas. Depuis les premières alertes, les fournisseurs ont cessé d’accepter l’or colombien. Le Trésor a ouvert une enquête officielle, mais refuse pour l’instant de parler de problème systémique.
L’once a brièvement glissé sous la moyenne mobile à 50 jours, à 4 692,80 dollars, avant de se ressaisir. Sur la semaine, le repli atteint environ 3 %. Pour les investisseurs institutionnels soucieux des critères ESG, l’affaire est un casse-tête. L’or, présenté comme une valeur refuge propre, exige désormais des certificats d’origine irréprochables. Les conclusions de l’enquête pourraient déboucher sur un durcissement des obligations documentaires à l’importation.
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