Le marché de l’or présente un visage paradoxal. Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pourraient le soutenir, le métal précieux a clôturé mardi en baisse de plus de 2%, à 4 739,80 dollars l’once. Cette faiblesse intervient malgré le blocage persistant de la voie maritime stratégique du détroit d’Ormuz, où un cinquième du pétrole et du gaz mondial transite.
La réaction des investisseurs institutionnels contraste fortement avec l’appétit soutenu des banques centrales. Le SPDR Gold Shares (GLD), le plus grand fonds négocié en bourse au monde dédié à l’or, a enregistré des sorties nettes significatives. En l’espace de cinq séances, ses réserves ont fondu d’environ une tonne, représentant un retrait de capitaux de plusieurs centaines de millions de dollars. Ce mouvement illustre un changement d’humeur chez les grands acteurs financiers.
La raison de cette prudence réside dans les conséquences inflationnistes de la crise énergétique. La flambée des prix du pétrole, attisée par les actions militaires américaines et la fermeture du détroit, alimente les craintes de stagflation. L’économie américaine n’a progressé que de 0,5% au dernier trimestre, tandis que l’inflation a atteint 3,3% en mars. Ce cocktail pousse la Réserve fédérale à maintenir une politique monétaire restrictive.
Le président de la Fed, Jerome Powell, a récemment souligné l’incertitude accrue liée au conflit. Les marchés anticipent désormais une seule baisse de taux pour l’année en cours. La prochaine réunion du comité de politique monétaire, prévue le 29 avril, ne devrait d’ailleurs apporter aucun changement au taux directeur. Dans ce contexte de coût d’opportunité élevé, les actifs ne générant pas de rendement, comme l’or, perdent de leur attrait.
Pourtant, un autre segment du marché affiche une dynamique diamétralement opposée. Les banques centrales du monde entier continuent d’accumuler des réserves à un rythme soutenu, indifférentes aux niveaux de prix historiquement élevés. Le World Gold Council prévoit des achats nets d’environ 850 tonnes pour l’ensemble de l’année. La base des acheteurs s’élargit, avec le retour de pays comme la Malaisie et la Corée du Sud.
La Pologne se distingue par sa stratégie particulièrement agressive. Le pays a récemment ajouté plus de 20 tonnes à ses coffres, dans le cadre d’un plan pluriannuel visant à constituer des réserves massives. Cette démarche reflète directement les préoccupations sécuritaires accrues sur le flanc oriental de l’OTAN.
Sur un an, l’or conserve une performance positive de près de 9%. Cependant, le cours s’est éloigné de 13% de son record absolu établi fin janvier à 5 450 dollars. La divergence entre les flux des ETF et les achats officiels crée un équilibre précaire. La tendance à court terme restera probablement conditionnée par l’évolution quotidienne du conflit au Moyen-Orient et des prix de l’énergie, dans l’attente d’un signal monétaire plus clair de la Fed.
Publicité
Gold: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Gold et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Gold entièrement gratuite : En savoir plus ici !

