Le marché de l’or navigue dans un champ de forces contradictoires. D’un côté, les indicateurs économiques américains, particulièrement l’inflation, maintiennent une pression baissière en repoussant les espoirs d’assouplissement monétaire. De l’autre, une demande structurelle solide, menée par les banques centrales et renforcée par des acteurs institutionnels, offre un soutien robuste. Cette tension définit la dynamique actuelle du métal précieux, qui évolue à 4 749 dollars l’once, en retrait de plus de 12% par rapport à son record absolu de 5 450 dollars établi le 28 janvier dernier.
L’environnement géopolitique au Moyen-Orient ajoute une couche de complexité. L’échec des pourparlers américano-iraniens à Islamabad et l’annonce par Washington d’un blocus du détroit d’Hormuz ont des répercussions directes. Ils font monter les cours du pétrole, alimentant ainsi les anticipations inflationnistes. Cette situation renforce paradoxalement l’attrait de l’or comme couverture contre la hausse des prix, tout en pesant sur lui via le renforcement du dollar et la perspective de taux directeurs élevés maintenus plus longtemps. Depuis le début des tensions avec l’Iran le 28 février, ce double effet a coûté environ 10% au métal jaune.
La publication récente de l’indice des prix à la consommation (IPC) américain, le premier depuis le début de ce conflit, a confirmé la tendance avec une inflation à 3,3% en mars, son niveau le plus élevé depuis mai 2024. Les espoirs de la Fed se sont évaporés : le marché n’anticipe plus aucune chance de baisse des taux lors de sa réunion du 29 avril, et ne voit qu’une probabilité de 30% pour un mouvement en décembre. Cette attente de coût du money élevé a entraîné une correction de plus de 5% sur les trente derniers jours.
Face à cette volatilité, les investisseurs institutionnels affichent une conviction remarquable. La banque privée suisse Union Bancaire Privée (UBP) a récemment réitéré son objectif de cours à 6 000 dollars pour l’année, rejoignant ainsi un peloton de grandes banques aux vues optimistes. Les perspectives des établissements financiers sont éloquentes : JPMorgan et Wells Fargo visent 6 300 dollars, UBS table sur 5 600 dollars et Goldman Sachs sur 5 400 dollars. Seul State Street envisage un scénario baissier à 4 000-4 750 dollars, qu’il estime à 20% de probabilité.
Cette confiance s’appuie sur une tendance de fond : les achats soutenus des banques centrales. Le World Gold Council (WGC) a rapporté des achats nets de 27 tonnes pour le mois de février, marquant un rebond après un début d’année plus calme. La Banque nationale de Pologne a été le principal acheteur avec 20 tonnes, son acquisition mensuelle la plus importante depuis février 2025. L’Ouzbékistan et le Kazakhstan ont chacun ajouté 8 tonnes à leurs réserves, tandis que la République tchèque en a acheté 2. Pour l’ensemble de l’année 2026, le WGC prévoit un volume total d’environ 850 tonnes, un niveau quasi identique à celui de l’année précédente.
Une nouvelle dynamique émerge particulièrement en Afrique, où les banques centrales intègrent l’or dans leur stratégie de diversification. La Banque d’Ouganda a lancé un programme actif visant à acquérir au moins 100 kilogrammes d’or auprès de producteurs locaux d’ici juin, dans le but de renforcer ses réserves de change et de se prémunir contre les risques financiers externes. Le gouverneur de la banque centrale du Kenya a évoqué des projets similaires, signalant un intérêt croissant à l’échelle du continent.
Les prochains catalyseurs à court terme viendront des données américaines sur les prix à la production (PPI) et des demandes hebdomadaires d’allocations chômage. La réaction du marché à ces publications sera scrutée, tout comme la mise en œuvre concrète du blocus du détroit d’Hormuz. Malgré la récente consolidation, l’or affiche toujours une progression d’environ 10% depuis le début de l’année. Chaque repli semble désormais perçu par une base d’acheteurs structurels comme une opportunité de renforcer leurs positions.
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