Le métal jaune affiche une solidité remarquable, clôturant la semaine dernière à 4.857,60 dollars l’once, soit une progression hebdomadaire d’environ deux pour cent. Cette performance porte son gain depuis le début de l’année à près de douze pour cent, une dynamique qui survient paradoxalement dans un contexte d’apaisement relatif des tensions géopolitiques.
La véritable explication de cette résilience se situe au-delà des facteurs conjoncturels. Une transformation structurelle majeure se prépare. Sous l’impulsion du World Gold Council et de la LBMA, une réévaluation du statut de l’or dans le cadre des règles de Bâle III est en cours. L’objectif est de le classer comme un actif de haute qualité et liquide, contre un traitement actuel qui lui applique un facteur de risque de 85% dans les bilans bancaires. Cette reclassification potentielle pourrait fondamentalement altérer la demande institutionnelle.
Les conditions macroéconomiques actuelles restent favorables. Un dollar américain plus faible rend le métal précieux plus abordable pour les acheteurs internationaux. Parallèlement, le rendement des obligations d’État américaines à dix ans est retombé à 4,24%, réduisant l’attrait des actifs générant des intérêts. Le président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee, anticipe quant à lui des baisses de taux au plus tôt en 2027, avec des taux directeurs stabilisés entre 3,50% et 3,75% d’ici là.
L’appétit des banques centrales constitue un autre pilier solide. La Chine, en particulier, a enregistré des achats nets pendant seize mois consécutifs jusqu’à fin mars, renforçant ses réserves officielles. Cette demande publique s’ajoute à une forte consommation industrielle, notamment pour la photovoltaïque et l’électronique, dans un contexte d’offre structurellement tendue.
Sur les marchés à terme, les grandes banques d’investissement ajustent leurs positions. Les données au 7 avril montrent que les établissements financiers détenaient environ 155.000 contrats nets vendeurs sur le COMEX, un niveau inférieur de près de dix pour cent à celui du mois précédent. Ce mouvement reflète une révision tactique plutôt qu’un revirement de tendance.
Les perspectives des analystes confirment cet optimisme de fond. Les stratèges de Wells Fargo tablent sur une fourchette de prix comprise entre 6.100 et 6.300 dollars l’once d’ici fin 2026. Ils interprètent les éventuels replis comme de simples corrections techniques au sein d’un marché haussier bien établi.
À court terme, l’attention se tourne vers les indicateurs économiques à paraître, susceptibles d’apporter des indications sur l’évolution de l’inflation et de la politique monétaire. Dans l’attente de ces données, le marché évolue avec une volatilité mesurée autour de 27%. Techniquement, l’or navigue près de sa moyenne mobile sur 50 sessions. Une fermeture durable au-dessus de 5.050 dollars ouvrirait la voie à une nouvelle phase haussière, tandis qu’un repli significatif trouverait un premier soutien vers 4.650 dollars.
Le calendrier précis de la décision réglementaire sur Bâle III n’est pas encore connu, mais la pression du secteur financier s’intensifie. Si elle aboutit, cette réforme pourrait déclencher un afflux de capitaux institutionnels d’une ampleur telle qu’elle éclipserait les moteurs de prix traditionnels.
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