Alors que les négociations entre Washington et Téhéran entrent dans une phase critique, avec l’échéance du cessez-le-feu fixée au 21 avril, l’or affiche un comportement déroutant. Le métal précieux, traditionnellement haussier en période de tensions, trouve aujourd’hui son soutien dans les espoirs de paix. Cette inversion des dynamiques usuelles captive les observateurs.
Une performance annuelle solide, mais en deçà des sommets
Le cours spot de l’or se négocie actuellement autour de 4 829 dollars l’once fine. S’il affiche une progression d’environ onze pour cent depuis le début de l’année, il reste éloigné de son plus haut historique de 5 595 dollars, atteint fin janvier 2026, et de son pic de janvier à 5 450 dollars. Le marché est engagé dans une phase de consolidation qui dure depuis près de trois mois, naviguant dans une large fourchette de prix.
Le paradoxe d’un conflit qui a pesé sur les cours
Contre-intuitivement, l’escalade du conflit iranien a initialement joué contre l’or. La flambée des prix du pétrole qui en a résulté a ravivé les craintes inflationnistes, laissant anticiper des taux d’intérêt plus élevés et plus longs, un environnement défavorable pour un actif non rémunéré. Les investisseurs se sont alors tournés vers le dollar, bénéficiaire du statut d’exportateur net d’énergie des États-Unis. Dans cette période, l’or a perdu près de dix pour cent, se comportant comme un actif risqué plutôt que comme une valeur refuge.
Le retournement diplomatique change la donne
La perspective d’une nouvelle série de discussions, potentiellement organisée au Pakistan, a inversé la tendance. La chute du baril de Brent sous les 100 dollars et le recul de l’indice dollar à un plus bas de six semaines ont offert un double soutien au métal jaune. Simultanément, les anticipations des marchés concernant la politique monétaire de la Fed ont évolué : la probabilité perçue d’une baisse des taux cette année est passée de 13% à 30% en une semaine. Cette attente d’un assouplissement monétaire futur retire une pression importante sur l’or.
Une demande structurelle robuste
Au-delà de l’actualité géopolitique, les fondamentaux du marché restent solides. Les banques centrales poursuivent leurs achats soutenus, avec un appétit qui ne se dément pas. Selon le World Gold Council, elles ont acquis net 27 tonnes en février, marquant le 23ème mois consécutif de rachats nets. La Banque nationale de Pologne a mené la danse avec 20 tonnes, portant ses réserves à 570 tonnes, tandis que la Chine a prolongé sa série d’achats à 17 mois d’affilée. Du côté de l’offre, la production minière mondiale, bien qu’ayant atteint un record de 3 672 tonnes en 2025, n’a augmenté que de un pour cent, contribuant à un équilibre du marché structurellement tendu.
Perspectives : tout se joue sur la scène diplomatique
Les prochains jours seront décisifs. Un échec des pourparlers et une reprise des hostilités pourraient faire repartir le pétrole à la hausse, remettant l’or sous pression. À l’inverse, une prolongation de la trêve ou un accord, même partiel, pourrait apaiser les craintes inflationnistes, conforter la perspective d’un cycle d’assouplissement et offrir au métal précieux une voie dégagée pour retester la barre des 5 000 dollars. Les analystes tablent sur une progression annuelle pouvant atteindre cinq à quinze pour cent en 2026, à condition que la détente monétaire se concrétise. En attendant, l’or continue de danser sur une musique dont les accords, entre diplomatie et politique des banques centrales, restent complexes.
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