Le cours de l’or affiche une résilience remarquable. Malgré une correction technique qui le maintient à 4.821,60 dollars l’once, en repli de 3,71% sur un mois, l’actif conserve une hausse d’environ 11% depuis le début de l’année. Cette solidité s’explique par un concours de facteurs fondamentaux qui forment une digue contre les prises de bénéfices.
En toile de fond, l’environnement macroéconomique mondial se dégrade. Le Fonds monétaire international a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026, à 3,1%, tout en relevant ses anticipations d’inflation à 4,4%. Ce scénario de stagflation, mélange de faible expansion et de prix élevés, constitue historiquement un terreau fertile pour la demande d’or, perçu comme une valeur refuge indépendante de la conjoncture.
Le pilier inébranlable des banques centrales
L’appétit institutionnel reste le socle principal du marché. La Banque populaire de Chine a procédé en mars à son 17ème mois consécutif d’achats, portant ses réserves officielles à environ 2.313 tonnes. Cette dynamique s’étend géographiquement, avec des pays comme la Pologne, qui a gonflé ses avoirs à 570 tonnes, ou la Malaisie et la Corée du Sud renouant avec des politiques d’accumulation. Cette diversification stratégique, éloignée du dollar américain, est devenue une norme pour la gestion des réserves mondiales.
L’activité physique en Chine offre un signal mitigé. Si les retraits à la Bourse de Shanghai ont bondi de 57% en glissement mensuel pour atteindre 134 tonnes, les primes au détail se resserrent, indiquant une certaine prudence des acheteurs après la récente flambée. En Inde, en revanche, la demande des joailliers et des particuliers devrait s’intensifier à l’approche de la fête d’Akshaya Tritiya, le 19 avril, malgré des cours historiquement élevés.
Le double frein de la Fed et de la diplomatie
La politique monétaire américaine limite l’élan du métal précieux. L’inflation persistante aux États-Unis, à 3,3% en glissement annuel en mars, retarde les espoirs d’un assouplissement de la Réserve fédérale. Les marchés n’anticiperaient une première baisse des taux qu’en 2027, avec une probabilité de 99,5% que le taux directeur reste dans la fourchette de 3,50% à 3,75% en avril. Des taux élevés pénalisent théoriquement l’attrait de l’actif non rémunérateur.
Parallèlement, des lueurs diplomatiques exercent une pression. Les progrès dans les pourparlers américano-iraniens, après l’échec d’un premier round, ont provoqué un léger reflux des prix du pétrole et apaisé les craintes d’un choc inflationniste énergétique. Cependant, le blocage factuel du détroit d’Hormuz maintient une prime de risque géopolitique dans le prix de l’or.
Une offre structurellement contrainte
Le versant offre du marché est tout aussi tendu. L’industrie minière est confrontée à l’hypothèse d’un « pic de production ». La découverte de nouveaux grands gisements se raréfie et le délai moyen entre l’exploration et la mise en exploitation dépasse désormais 16 ans, allongé par des régulations ESG strictes. La hausse des coûts de l’énergie et de la main-d’œuvre comprime en outre les marges des producteurs.
Cette offre rigide rencontre une demande institutionnelle et privée robuste. Pour UBS, cette configuration justifie une perspective haussière, les analystes tablant sur un prix moyen de 5.000 dollars pour 2026, avant une stabilisation autour de 4.800 dollars l’année suivante. Ils considèrent toute correction comme une opportunité d’achat. Tant que les fondamentaux stagflationnaires et l’appétit des banques centrales perdureront, les replis techniques ressembleront davantage à des consolidations qu’à un renversement de tendance.
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