Le spécialiste français des composants électriques et du graphite a mis fin à une série noire de cinq trimestres consécutifs de repli. Mersen a dévoilé un chiffre d’affaires de 296 millions d’euros au premier trimestre 2026, soit une progression organique de 3,1% qui a largement dépassé les anticipations des analystes de Portzamparc. La Bourse a immédiatement salué la nouvelle : l’action a bondi de près de 8% pour atteindre 30,92 euros, un plus haut de 52 semaines. Depuis le début de l’année, le gain atteint désormais environ 27%.
L’Electrical Power tire son épingle du jeu grâce aux data centers
La division Electrical Power s’est imposée comme le principal moteur de cette reprise, avec une croissance organique de 8,7%. Le segment a bénéficié de l’essor mondial des infrastructures numériques : les revenus liés aux centres de données ont doublé par rapport à l’année précédente, atteignant près de 10 millions d’euros. Le marché nord-américain, qui représente désormais quelque 40% du chiffre d’affaires total du groupe, a enregistré une progression organique de 8,2%, porté par la demande en solutions de distribution électrique et en composants pour l’aéronautique.
Pour faire face à l’inflation des matières premières, la direction a relevé ses prix d’environ 2%, une stratégie qui semble porter ses fruits.
Des vents contraires en Europe et en Chine
Tous les marchés n’ont pas profité de cette embellie. En Europe, la conjoncture industrielle atone a provoqué un recul organique de 3,2% des ventes. En Asie, la débâcle de l’industrie solaire chinoise a pesé lourdement, limitant la croissance de la zone Asie-Pacifique à seulement 1,9%. Le segment Advanced Materials n’a pas été épargné non plus, avec un repli organique de 1,4% sous l’effet de la prudence des secteurs chimique et solaire.
Par ailleurs, les effets de change ont lourdement grevé les comptes. La vigueur de l’euro face au dollar américain et au renminbi chinois s’est traduite par un impact négatif de plus de 17 millions d’euros, faisant chuter le chiffre d’affaires publié de 2,8%.
Objectifs maintenus et changement de gouvernance en vue
Malgré ces disparités géographiques, la direction confirme ses ambitions pour l’exercice 2026. Le groupe table sur une croissance organique comprise entre 2% et 6%, avec une accélération attendue au second semestre. La marge opérationnelle (EBITDA) est visée autour de 16%. Les analystes estiment désormais que le haut de cette fourchette est à portée de main.
Un changement de dirigeant se profile en mai : Luc Themelin, aux commandes depuis de longues années, cédera sa place à Salvador Lamas. Le nouveau patron héritera d’une entreprise qui prévoit de réduire ses investissements industriels entre 90 et 100 millions d’euros, recentrant ses efforts sur les activités à plus forte marge, comme l’électronique de puissance. Les résultats semestriels détaillés seront dévoilés en juillet.
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