La pression monte sur Novo Nordisk, mais un coup de théâtre réglementaire américain vient brouiller les cartes. Alors que le Canada autorise la première copie d’Ozempic, la FDA propose de verrouiller l’accès aux versions compounding de son principe actif vedette, le sémaglutide. Le titre, qui a bondi de 4,8 % jeudi à 36,20 euros — son plus haut niveau depuis deux mois — reste néanmoins englué dans une tendance baissière marquée.
Le Canada ouvre la brèche, les génériques s’engouffrent
Health Canada a donné son feu vert à Dr. Reddy’s Laboratories pour commercialiser une version générique d’Ozempic, exclusivement destinée au diabète de type 2. Le Wegovy, star de la perte de poids, est explicitement exclu du périmètre. Ce n’est pas un hasard si le Canada sert de champ d’expérimentation : le pays est le deuxième marché mondial pour le sémaglutide, et le brevet de Novo Nordisk y a expiré début janvier.
D’autres concurrents se préparent. Sandoz et Teva ont déposé des demandes d’autorisation, Sandoz visant un lancement dès juin. Les experts anticipent une chute des prix : un seul générique fait tomber le tarif à 75 % de l’original, trois concurrents le réduisent souvent à 35 %. Pour Evan Seigerman, analyste chez BMO Capital Markets, ce marché canadien est un test grandeur nature. Les investisseurs scruteront la capacité du danois à défendre ses parts face aux copies. Mais la menace reste circonscrite : les brevets américains, eux, ne tombent qu’au début des années 2030.
La FDA vole au secours du géant danois
De l’autre côté de l’Atlantique, la FDA propose de retirer le sémaglutide — ainsi que le tirzepatide et le liraglutide — de la liste 503B des substances autorisées à la compounding. Ces préparations, réalisées par des pharmacies spécialisées, sont souvent vendues bien moins cher que les médicaments de marque. L’agence estime qu’aucun besoin clinique ne justifie leur maintien.
Si la proposition devient définitive, elle éliminerait une source majeure de pression sur les prix pour Novo Nordisk. Le marché a immédiatement salué la nouvelle : l’action a signé la meilleure performance de la Bourse de Copenhague jeudi. Mais la prudence reste de mise. Une période de commentaires publics est ouverte jusqu’au 29 juin 2026, et la décision finale n’interviendra qu’après cette date.
Un bilan semestriel en demi-teinte
Malgré ce rebond, le titre accuse toujours une chute de près de 19 % depuis le 1er janvier, et de 38 % sur un an. Le 52 semaines haut, à 70,13 euros, semble hors de portée. Le RSI à 23 signale une action survendue, mais les investisseurs attendent surtout les résultats du premier trimestre, publiés lundi 6 mai avant l’ouverture de Wall Street.
Les analystes tablent sur un recul du bénéfice d’environ 5 %, après des prévisions annuelles déjà prudentes. Au-delà des chiffres bruts, un indicateur clé sera scruté : les ventes de la version orale du Wegovy, considérées comme un baromètre de la capacité de Novo Nordisk à résister à la concurrence.
Un pipeline qui tente de rassurer
Pour contrebalancer les turbulences commerciales, le groupe mise sur sa recherche. L’essai de phase 3 sur l’etavopivat, un candidat contre la drépanocytose, a montré une réduction de 27 % des crises douloureuses et un doublement du délai avant la première crise par rapport au placebo. Les demandes d’autorisation sont attendues pour le second semestre.
Parallèlement, Novo Nordisk finalise un programme de rachat d’actions. Jusqu’au 4 mai, le groupe rachète ses propres actions B pour un montant maximal de 3,8 milliards de couronnes danoises, dans le cadre d’un plan plus vaste. Un signal de confiance, alors que le titre vacille entre espoirs réglementaires et réalités concurrentielles.
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