Jamais l’écart n’a été aussi grand entre la vigueur des affaires et la défiance des marchés. DroneShield, spécialiste australien de la lutte anti-drones, cumule les succès opérationnels – sécurisation de la Coupe du monde 2026, montée en cadence industrielle en Europe, pipeline de commandes à 2,2 milliards de dollars – mais voit son titre plonger de 51 % sous son plus haut annuel, à 1,78 euro. En cause : une enquête de l’ASIC, la gendarme boursier australien, et une défiance massive des investisseurs institutionnels.
La Coupe du monde comme vitrine
Depuis le 11 juin, DroneShield déploie son plus grand dispositif urbain à Kansas City. À l’occasion du Mondial FIFA, l’entreprise assure la reconnaissance et la neutralisation des drones en première ligne, combinant ses détecteurs RF, des radars Echodyne et une fusion de capteurs sur plusieurs périmètres administratifs. Le projet est financé par le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS). Un contrat fraîchement signé, d’un potentiel total de 24,9 millions de dollars australiens (dont 19,3 millions de base et 5,6 millions d’options sur cinq ans), renforce encore cette dynamique. L’enjeu dépasse le simple service ponctuel : la demande pour une protection permanente des espaces urbains s’installe dans la durée.
Une usine européenne et un carnet de commandes record
Parallèlement, DroneShield accélère son internationalisation. Sa première ligne de production hors d’Australie ouvrira dans l’Union européenne au milieu de l’année 2026, avec pour objectif une capacité annuelle de 2,4 milliards de dollars d’ici fin 2026. La demande européenne explose sous l’effet des programmes militaires. Le chiffre d’affaires du premier trimestre 2026 a bondi de 121 %, à 74,1 millions de dollars australiens. Les encaissements clients ont grimpé de 360 %, à 77,4 millions. Pour l’ensemble de l’exercice, le management annonce déjà 155 millions de dollars de revenus sous contrat, un record. La trésorerie ? 222,8 millions de dollars, sans aucune dette. Le pipeline compte 13 projets de plus de 20 millions chacun, le plus gros atteignant 730 millions – une décision est attendue au second semestre 2026.
L’ombre de l’ASIC et la fuite des institutionnels
Ces chiffres n’ont pas suffi à rassurer le marché. Le 12 mai, la découverte d’une enquête de l’Australian Securities and Investments Commission a fait chuter le titre de 16 % en une séance. L’enquête porte sur des communications erronées de novembre 2025 autour d’un contrat de 7,6 millions de dollars, suivies de ventes d’actions par l’ancien PDG Oleg Vornik et l’ancien président Peter James, qui ont cédé leurs participations pour un montant estimé entre 67 et 70 millions près du sommet des cours. Vornik a démissionné en avril ; Angus Bean lui a succédé.
La défiance s’est matérialisée par un exode des gros porteurs : JPMorgan a notifié son désengagement le 7 mai, Citigroup le 12 mai (confirmé comme non-significatif au 2 juin), BlackRock le 19 mai. Lors de l’assemblée générale, 50,51 % des actionnaires ont rejeté le rapport de rémunération – un « premier avertissement » qui, s’il se répète, pourrait contraindre le conseil à une élection anticipée.
Analyses divergentes, bilan solide
Les bureaux d’études peinent à s’accorder. Jefferies a dégradé le titre à « sous-performance » et abaissé son objectif de 3,40 à 2,80 dollars australiens, pointant le manque de transparence sur le pipeline et un affaiblissement du momentum. À l’opposé, Bell Potter maintient un « acheter » avec un objectif de 4,80 dollars. Ord Minnett reste vendeur à 2,28 dollars. Malgré ces divergences, la solidité financière plaide pour les optimistes : cash-flow opérationnel de 24,1 millions au premier trimestre, une trésorerie nette positive et un carnet bien rempli.
Le titre a rebondi de 5,52 % vendredi, effaçant à peine une baisse mensuelle de 12,57 %. Le RSI à 41,3 frôle le survente sans l’atteindre, et la moyenne mobile à 50 jours (2,05 euros) reste 14 % au-dessus du cours. Le prochain test décisif aura lieu le 26 août, avec la publication des résultats semestriels. Le marché jugera si la nouvelle équipe dirigeante parvient à restaurer la crédibilité et à transformer les succès opérationnels en confiance boursière.
Publicité
Actions DroneShield: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de DroneShield et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de DroneShield entièrement gratuite : En savoir plus ici !

