Le géant danois de la pharmacie a dévoilé des résultats de premier trimestre 2026 qui, en apparence, impressionnent. Pourtant, derrière la façade d’une croissance à 32 % du chiffre d’affaires, la réalité opérationnelle est bien plus nuancée. Entre un effet comptable massif, une érosion des prix aux États-Unis et un partenariat élargi avec Amazon, le laboratoire navigue en eaux troubles.
Un bond comptable qui masque un repli organique
Sur le papier, Novo Nordisk affiche un chiffre d’affaires de 96,8 milliards de couronnes danoises au premier trimestre, en hausse de 32 % sur un an. Le bénéfice opérationnel a même bondi de 65 %. Mais ces chiffres intègrent une écriture exceptionnelle : la dissolution d’une provision de 4,2 milliards de dollars liée à un programme de remises américain. Sans cet effet, le chiffre d’affaires corrigé recule de 4 % et le résultat opérationnel de 6 %. La marge brute s’établit à 80,6 %, en retrait par rapport aux trimestres précédents.
Le directeur financier Karsten Knudsen confirme que les prix de vente d’Ozempic, le médicament phare contre le diabète, continuent de chuter de 10 à 15 % par an aux États-Unis. Cette pression tarifaire a laminé la croissance des volumes. Sur le marché américain, les revenus corrigés plongent de 11 %. En revanche, les activités internationales — portées par l’Asie et l’Europe — progressent, avec une hausse de 44 % des ventes de Wegovy hors des États-Unis.
Amazon entre dans la danse pour contrer le pricing américain
Face à l’érosion des prix, Novo Nordisk accélère sa stratégie de distribution. Le groupe étend son partenariat avec Amazon : la plateforme de vente en ligne propose désormais Ozempic via sa pharmacie en ligne, avec livraison le jour même. Le service doit couvrir environ 4 500 sites d’ici la fin de l’année. Pour les patients assurés, le coût peut descendre à 25 dollars par boîte ; les non-assurés paient le prix fort.
Cette initiative vise à capter une clientèle plus large et à réduire la dépendance aux canaux traditionnels, où les négociations de prix sont les plus agressives. Le groupe mise aussi sur Wegovy, qui capte actuellement 65 % des nouvelles prescriptions aux États-Unis. Le CEO Mike Doustdar se montre confiant sur la capacité du laboratoire à maintenir sa position face au rival américain Eli Lilly.
Une guidance resserrée, des signaux contradictoires
Le management a légèrement relevé sa prévision annuelle. Novo Nordisk table désormais sur un recul du chiffre d’affaires et du résultat opérationnel compris entre 4 et 12 %, contre une fourchette de -5 à -13 % précédemment. Si Morgan Stanley juge la borne inférieure prudente, Jefferies y voit un signal négatif pour le marché, le bas de la fourchette restant inchangé.
Parallèlement, le groupe investit massivement : 55 milliards de couronnes sont alloués cette année à l’expansion des capacités de production. Un programme de rachat d’actions de 15 milliards de couronnes est en cours, dont une première tranche de 3,8 milliards déjà exécutée, portant sur près de 15 millions de titres.
Le marché hésite, la tendance reste fragile
En Bourse, l’action a rebondi de près de 9 % sur la semaine, clôturant à 39,09 euros vendredi. Sur 30 jours, la hausse atteint 21 %. Mais sur douze mois, le titre accuse toujours une chute d’environ 33 %, et la tendance baissière de long terme demeure intacte.
Les investisseurs guettent désormais le prochain catalyseur : du 12 au 15 mai, Novo Nordisk présentera 52 études cliniques lors du congrès européen sur l’obésité à Istanbul. Ces données, notamment sur la version orale de Wegovy, pourraient redessiner les perspectives de croissance et la compétitivité de la pipeline face à la concurrence accrue et aux brevets qui arrivent à expiration.
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