Le géant américain des semi-conducteurs ne laisse rien au hasard. Alors que son action flirte avec des sommets historiques, Nvidia multiplie les manoeuvres stratégiques : nomination d’une administratrice de renom, partenariat cloud massif au Texas, lancement d’un processeur autonome et possible rapprochement diplomatique avec la Chine. Autant de signaux qui nourrissent l’appétit des investisseurs avant la publication des résultats trimestriels, prévue le 20 mai.
Un conseil d’administration étoffé
Suzanne Nora Johnson fera son entrée au conseil d’administration et au comité d’audit à la mi-juillet. L’instance dirigeante comptera désormais onze membres. Cette nouvelle administratrice percevra un package de rémunération à six chiffres, essentiellement composé d’allocations annuelles d’actions.
Parallèlement, le paysage actionnarial se recompose. Des investisseurs institutionnels comme Ninety One UK Ltd ont considérablement renforcé leurs positions, détenant désormais des titres Nvidia pour plus de deux milliards de dollars. En contrepartie, la direction a procédé à des prises de bénéfices : la directrice financière Colette Kress et d’autres initiés ont cédé des actions pour environ 162 millions de dollars ces derniers mois.
Un contrat cloud à 3,4 milliards de dollars
Pour répondre à la demande explosive, Nvidia puise dans ses réserves de trésorerie. Le groupe a conclu un accord cloud de cinq ans avec IREN Limited, d’un montant de 3,4 milliards de dollars. Nvidia utilisera les centres de données texans de son partenaire pour ses charges de travail internes en intelligence artificielle, équipés de systèmes Blackwell refroidis par air.
La collaboration ne s’arrête pas là. IREN accorde à Nvidia des bons de souscription portant sur jusqu’à 30 millions d’actions ordinaires, à un prix d’exercice de 70 dollars. Soit un investissement potentiel de 2,1 milliards de dollars. Le groupe californien sécurise ainsi des capacités de calcul à long terme tout en stabilisant son infrastructure.
Un processeur en solo pour conquérir un nouveau marché
Dans le même temps, Nvidia réorganise son offre matérielle. Le processeur Vera sera commercialisé en tant que produit autonome, alors qu’il n’était jusqu’ici disponible que dans le cadre de la plateforme intégrée Rubin. Le management répond ainsi à un vif intérêt des clients.
Cette décision abaisse le ticket d’entrée pour les applications d’IA. L’architecture Vera promet de réduire significativement le coût par token d’inférence par rapport aux générations précédentes. Les partenaires devraient livrer ces nouveaux processeurs au second semestre 2026. L’objectif : créer un nouveau marché de plusieurs milliards de dollars.
Vers une détente diplomatique avec Pékin ?
La géopolitique s’invite dans l’équation. Les États-Unis planifient une mission économique de haut rang à Pékin pour la mi-mai. Jensen Huang, le PDG de Nvidia, figurerait sur la liste des participants. L’intéressé a déclaré qu’il se joindrait à la délégation en cas d’invitation officielle, sans confirmation pour l’instant.
La Chine a longtemps été un marché clé pour les centres de données de Nvidia. Mais les restrictions à l’exportation ont contraint la direction à exclure totalement les revenus chinois de ses prévisions trimestrielles. Une visite à Pékin pourrait signaler une embellie diplomatique.
Des records boursiers et des attentes élevées
Les ventes d’initiés n’ont pas freiné l’élan du titre. L’action a touché un nouveau sommet historique à 182,84 euros vendredi, portant sa progression annuelle à près de 75 %. La capitalisation boursière oscille autour de 5 100 milliards de dollars.
Goldman Sachs a relevé ses prévisions et fixé un objectif de cours à 250 dollars. L’analyste James Schneider anticipe une croissance supérieure à la moyenne, tirée par la demande insatiable de centres de données et d’IA agentique. À moyen terme, il vise un chiffre d’affaires de 1 000 milliards de dollars pour le segment Data Center.
Le prochain test fondamental aura lieu le 20 mai avec les résultats du premier trimestre. Le marché table sur un chiffre d’affaires de près de 79 milliards de dollars, soit un bond spectaculaire par rapport à l’année précédente. Le consensus pour le bénéfice par action s’établit à 1,77 dollar. Les investisseurs scruteront particulièrement la marge brute, qui dépasse les 70 %, ainsi que les détails sur le programme de rachat d’actions. Selon les estimations, Nvidia pourrait reverser la moitié de son free cash-flow aux actionnaires.
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