À deux jours de la publication des résultats trimestriels, Valneva se retrouve pris en étau entre une levée de fonds réussie et une procédure judiciaire américaine qui assombrit l’horizon. Le titre, qui flirte avec son plus bas annuel à 2,38 euros, a perdu près de 38 % depuis le début de l’année.
Le coup de tonnerre du 23 mars
Tout est parti d’un communiqué de presse jugé trop optimiste. Le 23 mars 2026, Valneva et son partenaire américain Pfizer annonçaient des résultats de phase 3 « positifs » pour leur candidat vaccin contre la maladie de Lyme, le LB6V. Problème : le vaccin, malgré une efficacité supérieure à 70 %, n’a pas atteint son critère principal d’évaluation en raison d’une incidence trop faible de la maladie dans la population étudiée. Une déception statistique qui a provoqué un plongeon de 37 % du cours en une seule séance à Wall Street.
Le cabinet d’avocats Pomerantz LLP a sauté sur l’occasion. Spécialisé dans les recours collectifs, il a ouvert une enquête préliminaire pour suspicion de fraude sur les titres. L’action ordinaire cotée à Paris subit de plein fouet cette pression judiciaire, au même titre que les American Depositary Receipts (ADR) new-yorkais.
Un ballon d’oxygène de 84 millions
Pour traverser cette zone de turbulences, la direction a actionné un levier financier de taille. Début mai, Valneva a bouclé un placement privé d’actions nouvelles, injectant immédiatement 37 millions d’euros dans ses caisses. Si les bons de souscription attachés à l’opération sont intégralement exercés, ce sont 47 millions supplémentaires qui viendront s’ajouter, portant le total à 84 millions d’euros. De quoi financer les étapes réglementaires cruciales jusqu’en 2026.
En contrepartie, les actionnaires historiques subissent une dilution d’environ 9 %. Un sacrifice nécessaire, selon le management, pour tenir le cap jusqu’aux décisions des autorités sanitaires.
Des analystes à couteaux tirés
La situation suscite des avis radicalement opposés parmi les bureaux d’études. Jefferies maintient une cible à 15 dollars, pariant sur le potentiel du pipeline. À l’opposé, Goldman Sachs recommande carrément la vente, avec un objectif de cours ramené à 2,15 euros. L’établissement américain pointe du doigt le retrait volontaire du vaccin Ixchiq contre le chikungunya aux États-Unis, un revers qui fragilise encore un peu plus la crédibilité du groupe.
Un exercice 2026 en demi-teinte
Sur le plan opérationnel, l’exercice en cours s’annonce comme une année de transition. La direction table sur un chiffre d’affaires maximal de 170 millions d’euros, contre près de 175 millions l’an dernier. Ce tassement s’explique principalement par l’arrêt des ventes de produits sous licence de tiers, même si le segment des vaccins de voyage poursuit sa progression.
Le rendez-vous du 13 mai
C’est dans ce climat électrique que Valneva dévoilera ses comptes du premier trimestre le 13 mai. Les analystes de Guggenheim anticipent un revenu d’environ 49 millions d’euros, un niveau nettement supérieur aux attentes du consensus. Mais au-delà des chiffres, le marché attend des réponses précises : calendrier de dépôt du dossier réglementaire pour le vaccin contre la maladie de Lyme auprès de la FDA et de l’EMA, publication des données de phase 2 sur le candidat contre la shigellose prévue au second semestre, et surtout, l’impact réel de l’enquête Pomerantz sur la trésorerie et les relations avec Pfizer.
Le webcast qui suivra la publication sera scruté de près. La direction devra convaincre que le groupe dispose encore des munitions nécessaires pour transformer l’essai, malgré un cours qui tangente dangereusement les abysses.
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