Le tungstène n’a jamais été aussi stratégique. Alors que les restrictions chinoises à l’exportation provoquent une onde de choc dans l’industrie des semi-conducteurs, Almonty Industries accélère sa mue et remanie son état-major. Jorge Beristain, ancien directeur général chez Deutsche Bank Securities, prendra les rênes des finances le 1er juin 2026. Il succède à Brian Fox, qui a quitté le groupe avec effet immédiat. Guillaume de Lamaziere assure l’intérim jusqu’à son arrivée.
Beristain n’est pas un inconnu dans l’univers des matières premières. Il a dirigé l’analyse du secteur métaux et mines pour les Amériques chez Deutsche Bank, avant d’occuper le poste de directeur financier chez Ryerson Holding Corp. Son profil correspond aux ambitions du groupe canadien, qui passe du statut de développeur à celui de producteur.
Le prix de l’APT flambe, les semi-conducteurs sous tension
Le timing de ce changement intervient alors que le marché du tungstène connaît une fièvre sans précédent. Le prix de l’ammonium parawolframate (APT), intermédiaire clé dans la chaîne de valeur, a bondi de 900 dollars à plus de 3 000 dollars la tonne depuis fin 2025. Une envolée de 230 % en quelques mois.
La cause ? Pékin a remplacé son système de quotas d’exportation par un régime de licences restrictif, réservé à une poignée d’entreprises contrôlées par l’État. Les expéditions d’APT se sont pratiquement arrêtées. Les conséquences se font sentir jusqu’au Japon, où des fournisseurs ont alerté Samsung et SK Hynix : les stocks de tungstène hexafluoré, gaz indispensable à la fabrication des puces 3D-NAND, pourraient être épuisés d’ici la mi-2026.
La Chine produit environ 80 % du tungstène mondial. Les États-Unis ont déjà réagi : à compter du 1er janvier 2027, ils interdiront les importations de tungstène destiné à la défense en provenance de Chine, de Russie, d’Iran et de Corée du Nord. Une brèche qu’Almonty entend bien exploiter.
Sangdong monte en puissance, Gentung en ligne de mire
La mine sud-coréenne de Sangdong a achevé sa première phase de mise en service en mars. L’entreprise monte désormais en cadence et prévoit des revenus significatifs dès 2026. Parallèlement, le projet Gentung Browns Lake, dans le Montana, pourrait reprendre sa production d’ici fin 2026.
Pour financer cette double ambition, Almonty a levé environ 219 millions de dollars depuis juillet 2025. Le groupe a également déplacé son siège social de Toronto à Dillon, dans le Montana — un choix stratégique alors que Washington multiplie les initiatives pour sécuriser l’approvisionnement en minerais critiques. La coalition FORKE, qui réunit 54 États, a déjà promis 12 milliards de dollars pour 30 nouveaux projets miniers, annoncés lors de la conférence PDAC 2026.
La Bourse digère, le long terme reste intact
L’action Almonty a cédé environ 7 % jeudi, à 27,08 dollars canadiens. Un repli technique après une performance fulgurante : le titre s’est apprécié de plus de 700 % sur un an, et de 136 % depuis janvier. Le 52-week low remonte à 3,46 dollars canadiens, illustrant l’ampleur du mouvement.
La prochaine échéance pour les investisseurs est fixée au 9 juin, date de l’assemblée générale ordinaire. Au programme : les résultats annuels et l’élection du conseil d’administration. Jorge Beristain aura pour première mission de rassurer le marché sur la solidité financière du groupe, alors que les premiers chiffres de production de Sangdong constitueront le véritable test de crédibilité.
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