Le géant américain des puces accélère sa mue stratégique sur deux fronts simultanément : le réseau haute performance pour les data centers d’IA et les logiciels agents autonomes pour les entreprises. À quelques jours des résultats trimestriels, le marché retient son souffle.
Spectrum-X : l’Ethernet repensé pour l’ère des modèles à un billion de paramètres
Nvidia a officiellement lancé le 6 mai sa plateforme Spectrum-X, présentée comme la première infrastructure Ethernet native conçue pour l’intelligence artificielle. Cette architecture vise les « gigafabriques d’IA » — ces centres de données capables d’entraîner et d’exploiter des modèles comptant des billions de paramètres.
Le défi technique est de taille : l’Ethernet standard n’a jamais été optimisé pour les charges de travail massivement parallèles de l’IA générative. Spectrum-X promet d’améliorer le contrôle de congestion et la synchronisation afin de maintenir les clusters de GPU à pleine utilisation, même dans des environnements multi-locataires où plusieurs clients partagent la même infrastructure.
L’offensive logicielle avec ServiceNow et le modèle Nemotron
La veille du lancement, le 5 mai, Nvidia a dévoilé un partenariat stratégique avec ServiceNow. L’objectif : développer des agents d’IA autonomes capables d’exécuter des workflows complexes en entreprise — des systèmes qui prennent des initiatives plutôt que de simplement répondre à des commandes.
Au cœur de cette collaboration se trouve « Project Arc », un agent de bureau autonome présenté par ServiceNow lors de sa conférence Knowledge 2026 à Las Vegas. Cet agent s’appuie sur l’environnement d’exécution ouvert OpenShell de Nvidia, supervisé par le ServiceNow AI Control Tower. L’ambition est claire : automatiser des processus métier transversaux dans l’informatique, le service client et les opérations.
Le nouveau modèle Nemotron 3 Nano Omni sert de fondation technique. Ce modèle multimodal open source fusionne le traitement des images, de l’audio et du langage dans une architecture unique. Selon Nvidia, il permet un traitement jusqu’à neuf fois plus efficace que les systèmes traditionnels qui font transiter les différents types d’entrées par des modèles séparés.
ServiceNow intègre également son AI Control Tower dans la Nvidia Enterprise AI Factory, étendant ainsi la couche de gouvernance aux charges de travail de grands modèles dans les data centers.
Des attentes élevées pour les résultats du 20 mai
Le 20 mai, Nvidia dévoilera ses résultats du premier trimestre de l’exercice 2027. Le consensus des analystes table sur un chiffre d’affaires de 78,8 milliards de dollars, soit une progression d’environ 79 % sur un an. Le bénéfice par action est attendu à 1,77 dollar — plus du double de l’année précédente.
La propre guidance du management fixe la barre à 78 milliards de dollars. Pour mémoire, sur l’exercice 2026, Nvidia a généré un chiffre d’affaires total d’environ 216 milliards de dollars, en hausse de 65 % par rapport à l’exercice précédent. La marge brute non-GAAP atteignait 75,2 %, et le free cash flow frôlait les 97 milliards de dollars.
Les hyperscalers continuent d’alimenter la machine. Meta a relevé son plafond d’investissement à 145 milliards de dollars, tandis que Microsoft a annoncé 190 milliards de dollars d’investissements pour 2026 — bien au-delà des 154 milliards anticipés par les analystes. Ces chiffres suggèrent que les estimations actuelles pour Nvidia pourraient encore être sous-évaluées. Pour le deuxième trimestre de l’exercice 2027, Wall Street projette déjà 86,6 milliards de dollars de revenus.
La dépendance asiatique et l’épine chinoise
Paradoxalement, plus Nvidia prospère, plus sa vulnérabilité géopolitique s’accroît. La part des coûts de production imputables aux chaînes d’approvisionnement asiatiques est passée de 65 % à environ 90 % en un an. La faute à la concentration de la fabrication des wafers en 3 nanomètres et à l’approvisionnement en mémoire à haute bande passante (HBM).
Parallèlement, les restrictions américaines à l’exportation bloquent la vente de puces d’IA avancées vers la Chine. Le PDG Jensen Huang a lui-même reconnu que la part de marché de Nvidia dans les accélérateurs d’IA en Chine est tombée à zéro — alors que l’entreprise y était leader il y a deux ans. La guidance du premier trimestre intègre déjà zéro revenu de centres de données en provenance de Chine.
Perspectives techniques et architecture future
L’action Nvidia évolue actuellement près de son plus haut sur 52 semaines, aux alentours de 180 à 181 euros. Elle affiche une progression de plus de 74 % sur les douze derniers mois et se situe au-dessus de toutes ses moyennes mobiles importantes.
À plus long terme, Nvidia prépare la transition de l’architecture Blackwell vers Vera-Rubin. Les projections internes évoquent une réduction par dix des coûts d’inférence par rapport au matériel actuel — un argument de poids pour les hyperscalers confrontés à l’explosion des coûts d’exploitation de l’IA.
Les analystes estiment qu’une croissance du chiffre d’affaires supérieure à 80 % constituerait le seuil à partir duquel une nouvelle impulsion haussière deviendrait probable. La question qui taraude le marché est simple : Nvidia parviendra-t-elle à franchir cette barre symbolique le 20 mai, et avec quelle guidance le management abordera-t-il le reste de l’exercice ? La réponse conditionnera non seulement le sort de l’action, mais aussi la valorisation de l’ensemble du secteur des semi-conducteurs.
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