Le spécialiste australien de la lutte anti-drones aborde une séquence charnière de son histoire. Alors que la demande occidentale pour les systèmes de défense aérienne à basse altitude explose, DroneShield conjugue une transformation de sa gouvernance avec un plan d’expansion industrielle d’une ampleur inédite. Le 29 mai prochain, lors de l’assemblée générale à Sydney, les actionnaires seront appelés à entériner l’arrivée de Hamish McLennan à la présidence, tandis que la direction dévoilera les détails d’un programme visant à multiplier par près de cinq la capacité de production annuelle d’ici fin 2026.
L’action, qui s’échangeait à 2,31 euros à Francfort mercredi (en hausse de 2% sur la séance), a bondi de 229% sur douze mois, mais reste encore 36% en dessous de son plus haut des 52 semaines atteint en octobre 2025. Un RSI de 41 suggère que le titre n’est pas en territoire suracheté, malgré une valorisation qui fait débat.
Un nouveau capitaine pour une nouvelle ère
Hamish McLennan, entré au conseil d’administration le 1er mai, n’est pas un inconnu dans le monde des affaires australien. Ancien patron de REA Group — où il a piloté une croissance de la capitalisation boursière de 2 à 20 milliards de dollars australiens —, ex-PDG de Ten Network Holdings et cadre dirigeant chez News Corp, il apporte un poids certain. Il succédera à Peter James, qui quitte la présidence après dix ans de service, dont la période précédant l’introduction en Bourse de 2016.
Sa rémunération en dit long sur ses ambitions : McLennan recevra, après l’assemblée générale, 50.270 actions DroneShield d’une valeur d’environ 200.000 dollars australiens, bloquées jusqu’en mai 2027. Un mécanisme d’intéressement qui ancre son horizon sur le long terme.
La capacité de production passe la vitesse supérieure
Le calendrier de cette transition n’a rien d’un hasard. DroneShield est engagé dans un effort industriel colossal. La capacité de production annuelle, qui devrait atteindre 500 millions de dollars australiens en 2025, doit bondir à 2,4 milliards d’ici fin 2026. Pour y parvenir, le groupe mise sur trois pôles géographiques : l’Australie, les États-Unis et l’Europe.
Sur le Vieux Continent, l’usine d’Amsterdam est déjà opérationnelle. La fabrication locale de systèmes anti-drones, réalisée en partenariat avec un fabricant établi, devrait livrer ses premières unités à partir du milieu de l’année 2026. Ce déploiement européen s’inscrit dans le cadre du programme « ReArm Europe », qui pousse les États membres à exiger une production locale pour les équipements de défense critiques.
Une trésorerie qui permet d’éviter l’endettement
Cette montée en puissance repose sur des fondations solides. Au 31 mars, la trésorerie et les équivalents de trésorerie atteignaient 222,8 millions de dollars australiens, en hausse de 13%. Sur cette somme, environ 70 millions sont réservés à la recherche et au développement — intégralement financés sur fonds propres, sans recours à l’endettement.
Le premier trimestre a confirmé la dynamique : le chiffre d’affaires a bondi de 121% à 74,1 millions de dollars australiens, tandis que le flux de trésorerie opérationnel a atteint un record de 24 millions. De quoi donner au management une marge de manœuvre confortable pour exécuter son plan.
Un modèle économique en pleine mutation
DroneShield entend transformer sa structure de revenus. L’objectif est de réduire la dépendance aux commandes ponctuelles au profit de programmes d’approvisionnement récurrents, notamment avec les partenaires de l’OTAN et l’armée américaine. La direction vise 30% de revenus récurrents d’ici 2030. Pour l’exercice 2026, le management annonce déjà 155 millions de dollars australiens de revenus sécurisés.
La pipeline commerciale mondiale compte actuellement 312 projets. Rien que pour l’Europe et le Royaume-Uni, les contrats potentiels représentent 1,1 milliard de dollars australiens.
Le casse-tête de la valorisation
Cette trajectoire exceptionnelle a un prix. Avec un ratio cours/ventes de 45,7, DroneShield se négocie à des niveaux qui divisent les analystes. La moyenne du secteur se situe à 1,2 fois les ventes. Bell Potter recommande l’achat avec un objectif de cours de 4,80 dollars australiens, citant la demande soutenue des armées occidentales. Jefferies, plus prudent, se contente d’un avis « conserver » et d’un objectif à 3,70 dollars, estimant que le groupe pourrait avoir anticipé une partie de ses revenus futurs.
Le 29 mai, le PDG Angus Bean devra convaincre les actionnaires que la transformation industrielle et commerciale justifie ces multiples. La réunion de Sydney s’annonce comme un test décisif pour la crédibilité du plan de bataille de DroneShield.
Publicité
Actions DroneShield: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de DroneShield et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de DroneShield entièrement gratuite : En savoir plus ici !

