La semaine s’annonce décisive pour Valneva. Le spécialiste franco-autrichien des vaccins publie mercredi 13 mai ses résultats du premier trimestre, dans un climat boursier délétère et alors que plusieurs chantiers stratégiques s’entrechoquent. L’action, qui flirte avec son plus bas sur 52 semaines à 2,26 euros, a perdu environ 40 % depuis le début de l’année.
Une levée de fonds à deux étages
Fin avril, Valneva a bouclé une augmentation de capital de 37 millions d’euros, avec l’émission de près de 16 millions d’actions nouvelles au prix unitaire de 2,33 euros. Chaque titre est assorti d’un bon de souscription (warrant). Si tous ces bons sont exercés, ce sont jusqu’à 47 millions d’euros supplémentaires qui pourraient abonder les caisses. Au total, l’opération représente un potentiel de 84 millions d’euros.
L’opération a été menée par Frazier Life Sciences, avec l’entrée au capital de nouveaux investisseurs institutionnels comme Deep Track Capital, Cormorant Asset Management et Perceptive Advisors. Une condition stricte verrouille toutefois l’exercice des warrants : ils ne pourront être convertis qu’après un éventuel feu vert de la FDA pour le candidat vaccin contre la maladie de Lyme, le LB6V.
Le Lyme, clé de voûte du redressement
C’est précisément sur ce programme que reposent les espoirs les plus immédiats. En mars, le LB6V a manqué son critère principal d’évaluation dans l’étude clinique de phase 3, un échec que Valneva et son partenaire Pfizer ont attribué à une faible incidence de la maladie. Malgré ce revers, les deux groupes avancent les dossiers d’homologation pour le second semestre 2026, aux États-Unis et en Europe. En cas de succès, Valneva pourrait percevoir jusqu’à 143 millions de dollars de paiements d’étape, auxquels s’ajouteraient des redevances sur les ventes.
Parallèlement, une enquête menée par le cabinet d’avocats américain Pomerantz pour d’éventuelles infractions aux lois sur les valeurs mobilières ajoute une pression juridique supplémentaire.
Des comptes sous tension
La situation financière reste tendue. Pour l’exercice 2026, la direction table sur un chiffre d’affaires compris entre 155 et 170 millions d’euros, contre 174,7 millions en 2025. Le repli s’explique principalement par la fin de contrats de vente pour le compte de tiers, tandis que le cœur de métier — les vaccins propriétaires — continue de progresser.
Côté trésorerie, Valneva disposait d’environ 110 millions d’euros à fin 2025, après avoir réduit sa consommation opérationnelle de cash de 21 % sur l’exercice. Les fonds frais issus de la levée de capital offrent une marge de manœuvre, mais sans excès. Un nouveau plan de restructuration, après la consolidation des activités françaises, vise à réduire encore les coûts.
Des avis d’analystes contrastés
Les regards divergent sur la valeur. Goldman Sachs reste vendeur, avec un objectif de cours à 2,15 euros. À l’inverse, Guggenheim anticipe pour le premier trimestre un chiffre d’affaires de 49,1 millions d’euros, nettement au-dessus du consensus. Le webcast du 13 mai, programmé à 15 heures, sera suivi de près : au-delà des comptes trimestriels, les investisseurs guetteront surtout un éventuel point d’étape sur le programme Lyme, seul véritable catalyseur capable d’inverser la tendance.
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