Le groupe californien aborde la publication de ses résultats trimestriels ce soir avec un profil inédit. Jamais un fabricant de semi-conducteurs n’avait déployé une telle puissance de feu pour verrouiller son écosystème : en seize mois, Nvidia a injecté 90 milliards de dollars dans des start-up et des acquisitions liées à l’intelligence artificielle. Sur les quatre derniers mois seulement, 43 milliards ont été engagés. Le mouvement signe une transformation stratégique : de simple fournisseur de puces, Nvidia devient l’architecte d’un réseau tentaculaire centré sur l’IA.
Pourtant, le titre évolue dans un climat de paradoxe. Avec un cours de 192,80 euros, l’action affiche une progression de près de 20 % depuis janvier et frôle son plus haut annuel. Mais selon S3 Partners, Nvidia détient aussi la plus forte position courte du S&P 500, à hauteur de 62,5 milliards de dollars. Les institutionnels se couvrent massivement avant les chiffres du soir : le marché des options intègre un mouvement potentiel de 6,5 % dans les deux sens, soit une variation de capitalisation boursière de l’ordre de 355 milliards de dollars.
Une muraille d’attentes et des risques chinois
Le consensus Wall Street table sur un bénéfice par action de 1,78 dollar (+120 % sur un an) et un chiffre d’affaires de 79,2 milliards de dollars (+80 %). Le segment data center, moteur de la croissance, est attendu à 73,2 milliards. Goldman Sachs, par la voix de l’analyste James Schneider, anticipe même un dépassement de deux milliards de dollars et place son estimation pour le deuxième trimestre à 87,7 milliards, soit 6 % au-dessus du consensus. Nvidia conserverait 81 % du marché des accélérateurs IA, porté par un démarrage plus rapide que prévu de l’architecture Blackwell.
L’incertitude majeure reste la Chine. L’administration américaine a interdit l’export des puces H20, contraignant Nvidia à une dépréciation de 4,5 milliards de dollars au dernier trimestre. Si Washington a autorisé une dizaine d’entreprises chinoises – dont Lenovo – à acheter des H200, aucun exemplaire n’a encore été livré : les acheteurs ont fait machine arrière après des signaux venus de Pékin. La guidance sur la stratégie chinoise et sur l’évolution des marges lors de la transition vers l’architecture Rubin constituera le vrai test de la conférence téléphonique.
Vera-Rubin, le double levier technologique
Parallèlement, Nvidia accélère la diversification de ses processeurs. Les premières puces Vera, conçues pour les charges de travail d’inférence, ont été livrées à OpenAI, Anthropic et Oracle. Elles permettent de réduire drastiquement le coût de certaines applications d’IA, limitant la dépendance aux seuls GPU. La nouvelle architecture Rubin, elle, doit entrer en production dans le courant de l’année.
La demande ne faiblit pas. Les quatre plus grands opérateurs de cloud – Alphabet, Amazon, Microsoft et Meta – prévoient pour 2026 des investissements cumulés de 725 milliards de dollars, en hausse de 77 % sur un an. De quoi garantir des carnets de commandes solides pour Nvidia jusqu’en 2027.
Reste à savoir si le marché jugera suffisant le cap donné ce soir. Les objectifs de cours des analystes s’étalent de 140 à 380 dollars, reflet d’une divergence rare. Jensen Huang, le PDG, décrit une demande « parabolique ». Les investisseurs, eux, attendent des preuves tangibles que l’empire Nvidia peut absorber les frictions commerciales et maintenir sa marge d’avance sur ses rivaux.
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