À 216,61 dollars, l’action Nvidia tutoyait les sommets le 27 avril. Quatre séances plus tard, elle dégringolait à 198,45 dollars, soit une chute de près de 8 % depuis son record historique. Ce revirement brutal, survenu après un mois d’avril flamboyant (+20 %), illustre les tensions qui traversent le leader des accélérateurs d’IA. En Bourse, le titre a cédé plus de 4 % jeudi, puis 5 % vendredi, portant la perte hebdomadaire à plus de 4 %. Sur un an, l’action ne progresse plus que de 5,6 % — la dynamique du printemps s’est évaporée.
Le spectre d’OpenAI et la contre-offensive des hyperscalers
À l’origine du décrochage, un rapport du Wall Street Journal mardi dernier : OpenAI, le partenaire emblématique de Nvidia, manquerait ses objectifs de revenus et d’utilisateurs. De quoi raviver les doutes sur la rentabilité des investissements colossaux dans l’IA. Nvidia avait scellé en septembre 2025 un accord avec OpenAI pouvant atteindre 100 milliards de dollars — montant que le Financial Times ramène désormais à 30 milliards. L’action a perdu environ 3 % mardi. OpenAI a démenti, qualifiant l’article de « clickbait », mais le mal était fait.
Pourtant, un contrepoids de taille existe. Les hyperscalers — Amazon, Microsoft, Alphabet et Meta — prévoient d’investir ensemble environ 710 milliards de dollars cette année dans l’infrastructure IA. Après les publications trimestrielles de mercredi, ce chiffre a même grimpé à 725 milliards. Meta a relevé sa prévision de capex pour 2026 à 125-145 milliards de dollars, soit 10 milliards de plus qu’attendu. Une manne qui profite directement à Nvidia : sa division datacenters a généré 62,31 milliards de dollars de chiffre d’affaires au quatrième trimestre, en hausse de 75 % sur un an, tandis que le segment réseau bondissait de 263 %.
Mais cette même dépendance expose Nvidia à un risque croissant : ses plus gros clients lui taillent des rivaux sur mesure. Amazon a annoncé un essor de ses puces internes, et Alphabet prévoit de commercialiser ses Tensor Processing Units (TPU 8t et TPU 8i) auprès de clients externes, qui les exploiteront dans leurs propres datacenters. Une concurrence directe, même si Nvidia conserve 85 à 92 % du marché des accélérateurs IA. Les analystes tempèrent : Google et Amazon complètent leur infrastructure, ils ne remplacent pas Nvidia. Google Cloud continue d’ailleurs d’utiliser les systèmes Nvidia.
Le casse-tête chinois : un marché sous pression
Autre nuage à l’horizon : la Chine. Les serveurs B300 de Nvidia s’y négocient désormais environ 7 millions de yuans — soit près d’un million de dollars l’unité, presque le double du prix catalogue américain. Cette flambée découle directement de l’arrestation en mars de Wally Liaw, cofondateur de Supermicro, accusé d’avoir détourné vers la Chine des puces Blackwell d’une valeur de 2,5 milliards de dollars via une société écran en Asie du Sud-Est. La disparition de cette filière de contrebande a créé un goulet d’étranglement sur un produit déjà rare.
Pourtant, la demande chinoise est bien réelle. Selon Morgan Stanley, la part de la Chine dans la consommation mondiale de tokens est passée de 5 % à 32 % en un an. Les modèles d’IA locaux ont soif de puissance de calcul, mais l’accès reste verrouillé.
Le verdict du 20 mai
Tous les regards se tournent désormais vers le 20 mai, date de publication des résultats du premier trimestre de l’exercice 2027. Nvidia s’est fixé un objectif de 78 milliards de dollars de chiffre d’affaires, que Wall Street s’attend à voir dépassé. Les commentaires encourageants de TSMC et Intel ont renforcé cet optimisme. Le marché des options anticipe un mouvement de cours supérieur à 10 % d’ici fin mai — sans présager de la direction.
En coulisses, Nvidia prépare sa prochaine génération de puces Vera-Rubin, qui promettent de réduire les coûts d’inférence de 90 % par rapport aux Blackwell. Avec la plateforme Blackwell, l’entreprise vise un milliard de dollars de ventes cumulées de datacenters d’ici 2026-2027. Un objectif ambitieux que les résultats du 20 mai devront étayer concrètement.
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