Alors que la NAB Show bat son plein à Las Vegas, attirant plus de 60 000 professionnels des médias, Nvidia y dévoile une stratégie agressive pour conquérir la chaîne de production vidéo. Le géant des puces présente des outils d’IA intégrés à des logiciels leaders, dont un nouveau mode couleur 32 bits pour Adobe Premiere Pro optimisé pour ses cartes RTX. Dans le même temps, Wondershare Filmora adopte sa technologie Broadcast pour une fonction de correction du regard alimentée par des GPU cloud. Cette poussée dans la post-production illustre une volonté d’ancrer son infrastructure au cœur des flux de travail créatifs.
Cette offensive sectorielle se double d’un partenariat stratégique majeur avec Adobe, scellé lors de l’Adobe Summit. Jensen Huang, le PDG de Nvidia, y a présenté en personne le système Adobe CX Enterprise, une solution d’agents pour entreprises qui intègre son environnement d’exécution sécurisé OpenShell et ses modèles open-source Nemotron. L’alliance, officialisée en mars lors de la conférence GTC du chipmaker, vise aussi au développement conjoint de nouveaux modèles Firefly. L’objectif est clair : faire de cette collaboration une référence pour l’IA en entreprise, notamment dans les secteurs réglementés.
Cette expansion dans de nouveaux écosystèmes logiciels intervient dans un contexte concurrentiel qui s’intensifie. Les startups de puces IA ont levé 8,3 milliards de dollars à l’échelle mondiale en 2026. Des financements massifs ont été obtenus, comme le milliard de dollars de Cerebras Systems en février, ou les 500 millions chacun pour MatX, Ayar Labs et Etched. Leur argument repose sur une spécialisation pour l’inférence, une phase du cycle de l’IA où ils estiment pouvoir surpasser en efficacité les GPU de Nvidia, initialement conçus pour le gaming.
Pour défendre son hégémonie, Nvidia peut s’appuyer sur des investissements colossaux. Plus de 18 milliards de dollars ont été injectés dans la R&D sur l’exercice clos, auxquels s’ajoutent l’acquisition d’actifs de Groq pour 20 milliards et des prises de participation dans deux entreprises de photonique. Son écosystème logiciel CUDA et son interconnexion NVLink lui assurent un avantage concurrentiel durable, contribuant à un taux de pénétration d’environ 85% sur le marché des GPU.
Les fondamentaux financiers restent solides. Le chiffre d’affaires annuel a atteint près de 216 milliards de dollars, porté par une division Data Center en croissance de 75% qui représente désormais 88% des revenus. Le carnet de commandes est historique, avec des GPU réservés pour plus de 1 000 milliards de dollars jusqu’en 2027, selon Jensen Huang.
Sur les marchés, l’action Nvidia se trade à 168,42 euros, affichant une hausse de près de 12% sur un mois. Elle évolue ainsi à seulement 6% de son plus haut sur un an et se maintient environ 7% au-dessus de sa moyenne mobile sur 200 sessions. La performance annuelle, en hausse d’environ 5%, contraste avec les gains spectaculaires des années précédentes (+171% en 2024, +39% en 2025).
Les prochains rendez-vous sont cruciaux. La publication des résultats du premier trimestre, prévue le 20 mai 2026, scrutera la capacité de Nvidia à capter une part significative des 700 milliards de dollars de dépenses d’investissement annoncées pour 2026 par les hyperscalers Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta. Plus tard dans l’année, le lancement de la nouvelle architecture « Vera Rubin » promettant une multiplication par dix des performances par watt par rapport à Blackwell, pourrait servir de nouveau catalyseur.
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