L’offensive tous azimuts de Nvidia en Asie redonne un fil conducteur aux investisseurs, après une semaine marquée par un repli de 5,52 %. Le titre, qui évolue désormais autour de 179,92 euros, tente de digérer une séquence de consolidation que le PDG a qualifiée de simple « bruit » lors de son déplacement à Séoul. Le message est clair : la demande reste structurellement insuffisante par rapport à l’offre, et la baisse actuelle pourrait représenter une opportunité.
81,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires au premier trimestre 2026
Le géant des puces a publié des résultats record. Au premier trimestre de son exercice 2026, Nvidia a engrangé 81,6 milliards de dollars de ventes, soit une progression de 85 % sur un an. Une performance qui n’a pas empêché le marché de prendre des bénéfices, mais qui confirme la vigueur du moteur opérationnel. La capitalisation reste colossale, à 5 050 milliards de dollars.
Une chaîne d’approvisionnement verrouillée avec SK Hynix
Pour soutenir la prochaine génération de processeurs, Jensen Huang a noué un partenariat majeur avec le sud-coréen SK Hynix. Ce dernier fournira environ les deux tiers de la mémoire nécessaire à la future plateforme Vera Rubin, dont le lancement est prévu au troisième trimestre 2026. Les performances promises sont spectaculaires : un gain de 3,5 fois en puissance d’entraînement et de 5 fois en inférence par rapport à l’actuelle génération Blackwell.
Au-delà de ce contrat technologique, le voyage de Huang a débouché sur une cascade d’accords industriels. SK Telecom construira une infrastructure cloud au gigawatt d’ici 2027. Naver étendra son centre « Gak Sejong » à une capacité équivalente. Hyundai étudie un projet de plusieurs milliards de dollars à Saemangeum, dédié à la robotique et à l’hydrogène. LG et Doosan, de leur côté, intégreront les puces Nvidia dans leurs robots humanoïdes et leurs équipements industriels.
Un appui politique et une bouffée d’énergie nucléaire
Côté diplomatique, Huang a rencontré le ministre sud-coréen de la Science, Bae Kyung-hoon. Il en ressort l’engagement d’acheminer 260 000 processeurs graphiques vers le pays, ainsi que l’installation d’un centre de recherche Nvidia à Séoul. Un atout de poids : la Corée du Sud dispose d’un parc nucléaire solide, garantissant une électricité stable et abondante pour les data centers, gourmands en énergie.
Supports techniques à l’épreuve
En Bourse, l’heure est à la consolidation sur des niveaux élevés. L’action se maintient au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours, située à 161,59 euros, un garde-fou qui n’a pas été menacé. Le premier soutien significatif se trouve à 174,93 euros, correspondant à la moyenne mobile à 50 jours. Tant que ce seuil tient, le scénario reste constructif.
L’indice de force relative (RSI) s’établit à 48,1, en territoire neutre. Ni surachat ni survente : le marché n’a pas encore pris de parti clair. La volatilité annualisée à 30 jours atteint 43,15 %, ce qui relativise la portée des variations brutales. Pour les analystes techniques, seuls des clôtures sous les supports fourniront un signal fiable.
La route vers le sommet annuel de 202,50 euros reste ouverte si la correction s’essouffle. Un franchissement de cette résistance mettrait fin à la phase de digestion et rouvrirait la voie à de nouveaux records. Depuis le début de l’année, l’action affiche encore une hausse de près de 12 %, malgré la récente nervosité.
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