Le géant des puces électroniques Nvidia poursuit sa stratégie d’expansion dans le secteur de l’intelligence artificielle par une voie originale. Plutôt qu’une acquisition classique, la firme a conclu un accord de licence non exclusive avec la start-up Groq, spécialisée dans les puces d’inférence IA, tout en recrutant ses principaux talents. Cette manœuvre permet à Nvidia de consolider sa position sur un marché clé tout en esquivant potentiellement un examen réglementaire approfondi.
Une approche ingénieuse pour acquérir des technologies et des compétences
Le cœur de l’accord réside dans l’accès de Nvidia à la technologie d’inférence de Groq. En parallèle, plusieurs figures majeures de la start-up rejoignent le leader des GPU :
– Le fondateur Jonathan Ross, qui a joué un rôle clé dans le développement de la Tensor Processing Unit (TPU) de Google, intègre Nvidia.
– Le président Sunny Madra et des ingénieurs essentiels de l’équipe technique font également le déplacement.
– Groq, désormais dirigé par le nouveau CEO Simon Edwards, demeure une entité indépendante. Son activité cloud n’est pas incluse dans l’accord.
– La licence étant non exclusive, Groq conserve la liberté de servir d’autres clients.
Certains médias ont évoqué une valorisation d’environ 20 milliards de dollars pour cette transaction, un chiffre que les deux entreprises n’ont pas confirmé. Cette structure présente un avantage manifeste pour Nvidia : la société s’approprie une expertise technologique pointue et un vivier de talents sans engager les procédures longues et incertaines d’un rachat intégral.
La particularité de l’architecture Groq est son utilisation de mémoire SRAM intégrée directement sur la puce, en lieu et place de modules de mémoire High-Bandwidth Memory (HBM) externes. Cette conception accélère les interactions des chatbots et des modèles d’IA, bien qu’elle impose des limites sur la taille des modèles exécutables.
La bataille de l’inférence, priorité stratégique affichée
Si Nvidia règne sans partage sur le marché de l’entraînement des grands modèles d’IA grâce à ses GPU pour data centers, le segment de l’inférence est bien plus concurrentiel. Des acteurs comme AMD et des start-ups telles que Cerebras Systems y font une pression croissante.
Jensen Huang, le PDG de Nvidia, a réaffirmé à plusieurs reprises en 2025 la volonté de son groupe de conserver son leadership, même si la croissance migre progressivement de l’entraînement vers l’inférence. Le partenariat avec Groq s’inscrit parfaitement dans cette ligne stratégique.
Un contexte financier exceptionnel
Cette annonce intervient alors que Nvidia a publié, en novembre, des résultats record pour le troisième trimestre de son exercice fiscal 2026 :
– Un chiffre d’affaires historique de 57,0 milliards de dollars, en hausse de 62 % sur un an.
– Un revenu lié aux data centers de 51,2 milliards de dollars, progressant de 66 %.
– Un bénéfice par action (GAAP) de 1,30 dollar.
– Une prévision de ventes pour le T4 de l’exercice 2026 établie à 65,0 milliards de dollars.
L’architecture GPU Blackwell reste un moteur de croissance primordial. Jensen Huang a indiqué que les ventes de Blackwell dépassaient « largement les attentes » et que les GPU cloud étaient en rupture de stock.
Le consensus analystique reste extrêmement favorable
Le sentiment sur Wall Street demeure résolument optimiste. Sur 70 analystes couvrant la valeur, environ 91 % recommandent l’achat de l’action. Plusieurs maisons de recherche ont récemment révisé leurs objectifs de cours à la hausse :
– KeyCorp a relevé son objectif de 250 à 275 dollars.
– Arete Research l’a porté de 244 à 261 dollars.
– Cantor Fitzgerald maintient un objectif à 300 dollars.
– Wells Fargo, avec une notation « Overweight », vise 265 dollars.
La moyenne des objectifs de cours se situe actuellement à 262,14 dollars, suggérant un potentiel de hausse par rapport aux niveaux de cotation actuels.
Un modèle qui attire l’attention des régulateurs
L’accord avec Groq s’ajoute à une série de transactions similaires dans la tech, où les géants privilégient l’accès aux talents et aux technologies sans réaliser d’acquisition formelle. On peut citer le recrutement de personnel par Microsoft auprès d’Inflection AI, la participation de Meta dans Scale AI, ou l’embauche par Amazon des fondateurs d’Adept AI.
L’analyste de Bernstein, Stacy Rasgon, note que des risques antitrust subsistent toujours. Toutefois, la nature non exclusive de la licence pourrait être un argument pour démontrer le maintien d’une concurrence formelle. Il souligne également que les bonnes relations de Nvidia avec la future administration américaine de Donald Trump pourraient constituer un facteur atténuant.
Les prochaines échéances à surveiller
Le calendrier des annonces reste chargé. Nvidia prévoit de dévoiler de nouvelles solutions matérielles et logicielles dédiées à l’IA lors du CES 2026 en janvier. Puis, le 25 février 2026, la publication des résultats du quatrième trimestre de l’exercice fiscal 2026 offrira un éclairage précieux sur la demande pour les GPU Blackwell et l’évolution dynamique du marché de l’inférence.
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