Le laboratoire danois Novo Nordisk aborde la semaine la plus chargée de son calendrier financier avec un paradoxe de taille. Alors que son activité phare dans l’obésité subit une pression tarifaire inédite aux États-Unis, deux avancées majeures viennent redessiner le paysage : le lancement de la pilule Ozempic en pharmacie et des données cliniques spectaculaires dans les maladies rares. Le tout avant la publication des résultats trimestriels, prévue le 6 mai.
La pilule Ozempic débarque dans 70 000 pharmacies américaines
Depuis le 4 mai, la version orale du sémaglutide est disponible dans les officines américaines sous trois dosages — 1,5 mg, 4 mg et 9 mg — pour les adultes atteints de diabète de type 2. Le nom commercial Rybelsus disparaît au profit d’une formulation améliorée : la biodisponibilité a été renforcée et le comprimé légèrement réduit. La production est intégralement localisée aux États-Unis, principalement en Caroline du Nord.
Côté prix, Novo Nordisk mise sur l’accessibilité. Les patients assurés débourseront à partir de 25 dollars pour une ordonnance de trois mois. Les non-assurés paieront entre 149 et 299 dollars par mois selon le dosage.
Une percée inattendue dans l’alcoolodépendance
Parallèlement, une étude randomisée contrôlée publiée le 30 avril dans The Lancet ouvre un nouveau champ thérapeutique pour le sémaglutide. Menée par des chercheurs du CHU de Copenhague, elle démontre que l’injection hebdomadaire réduit de 41,1 % le nombre de jours de forte consommation d’alcool chez les patients obèses souffrant d’alcoolodépendance — soit 13,7 points de pourcentage de mieux que le placebo.
Au début de l’étude, les participants buvaient en moyenne 17 jours sur 30. Après six mois, ce chiffre tombait à environ cinq jours dans le groupe sémaglutide, contre neuf dans le groupe placebo. Le nombre de patients à traiter pour observer un bénéfice (NNT) s’établit à 4,3, un résultat nettement supérieur aux 7 ou plus des médicaments déjà autorisés contre l’alcoolisme.
Le pipeline maladies rares en pleine lumière
Dans l’ombre des GLP-1, la recherche sur les pathologies orphelines livre des résultats éclatants. Denecimig, le traitement expérimental contre l’hémophilie A, a réduit les épisodes hémorragiques de 99 % par rapport à un traitement à la demande. La FDA examine depuis l’automne dernier une demande d’autorisation de mise sur le marché.
Autre succès : l’étavopivat, administré par voie orale, a diminué de 27 % les crises vaso-occlusives douloureuses liées à la drépanocytose dans l’étude pivot HIBISCUS. Novo Nordisk prévoit de déposer une demande d’homologation au second semestre 2026. Les analystes entrevoient un potentiel de revenus annuels de plusieurs milliards de dollars en cas de succès commercial.
Des résultats trimestriels sous haute tension
Ces avancées médicales contrastent avec un environnement financier dégradé. Pour le premier trimestre, le consensus table sur un recul du chiffre d’affaires d’environ 8 % et sur une chute du bénéfice par action de 16 %. La direction anticipe pour l’ensemble de 2026 une contraction du chiffre d’affaires comprise entre 5 % et 13 % à taux de change constants, sous l’effet de la pression sur les prix aux États-Unis et des pertes de brevets.
La concurrence d’Eli Lilly s’intensifie : le laboratoire américain détient désormais plus de 60 % du marché américain des médicaments anti-obésité, le tirzepatide progressant plus vite que le sémaglutide. Les analystes de Citi ont récemment dégradé leur recommandation, tandis que Bernstein a initié la couverture avec une note « sous-pondérer », jugeant que le cycle de révisions des bénéfices n’est pas terminé. Goldman Sachs, TD Cowen et Deutsche Bank ont abaissé leurs objectifs de cours.
Le programme de rachat d’actions soutient le titre
Malgré ces vents contraires, l’action a légèrement rebondi. L’ADR a clôturé à 43,88 dollars le 1er mai, en hausse de près de 4 % sur la séance. Le titre reste toutefois à 56 % de son plus haut sur 52 semaines, atteint à 81,44 dollars. Un programme de rachat d’actions de plusieurs milliards de dollars continue de soutenir le cours.
Le 6 mai, les investisseurs scruteront deux indicateurs clés : les premières données de prescription de la pilule Wegovy et les prévisions actualisées de la direction pour le reste de l’année. Ces chiffres diront si la stratégie de volumes du groupe parvient à compenser l’érosion des prix sur le marché américain.
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