À quelques semaines de la publication de ses résultats trimestriels, Nvidia multiplie les initiatives stratégiques. Le champion des semi-conducteurs ne se contente plus de dominer le marché de l’intelligence artificielle : il investit désormais le quantique, le nucléaire et se retrouve au cœur d’une bataille politique autour des exportations vers la Chine. Autant de dossiers qui dessinent un horizon à la fois prometteur et incertain.
Une plateforme quantique open source pour démocratiser la technologie
Jensen Huang, le PDG de Nvidia, a dévoilé Ising, un nouveau modèle d’IA dédié au quantique. Cette plateforme open source vise à rendre les processeurs quantiques accessibles au plus grand nombre. Le dirigeant reconnaît que les puces graphiques classiques ne peuvent rivaliser avec la puissance de calcul brute du quantique. Mais Nvidia mise sur le logiciel : selon Huang, l’intelligence artificielle servira bientôt de système d’exploitation aux machines quantiques. Le groupe fournit les outils, laissant à d’autres — comme Rigetti Computing — le soin de fabriquer le matériel.
Parallèlement, Nvidia a lancé Nemotron 3 Nano Omni, un modèle capable de traiter image, son et texte dans un seul système. Destiné aux agents d’IA autonomes, il s’inscrit dans une famille déjà téléchargée plus de 50 millions de fois. Des entreprises comme Palantir et Foxconn l’utilisent activement.
L’atome au service des data centers
La consommation électrique des centres de données freine l’essor de l’IA. Nvidia répond par un partenariat inédit avec Oklo, spécialiste de l’énergie nucléaire, et le laboratoire national de Los Alamos. L’objectif : développer des modèles d’IA pour tester les combustibles nucléaires et construire des usines d’IA alimentées par l’atome. En contrôlant sa propre production d’électricité, Nvidia sécurise sa capacité de calcul et renforce son intégration verticale.
Le casse-tête chinois : 28 milliards sous tension
Mais c’est sur le front géopolitique que l’actualité s’emballe. Les déclarations contradictoires entre Nvidia et l’administration américaine ont mis le feu aux poudres. Jensen Huang affirme avoir obtenu des licences d’exportation pour la Chine, tandis que le département du Commerce dément. Le sénateur Chris Coons a écrit au secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, pour exiger des éclaircissements. Lutnick avait pourtant assuré devant le Sénat qu’aucune puce d’IA américaine n’avait été vendue à des entreprises chinoises.
L’enjeu est colossal. Au dernier exercice, la Chine représentait 13 % du chiffre d’affaires de Nvidia, soit près de 28 milliards de dollars. Mais la part de marché du groupe est tombée de 95 % à moins de 60 %, Pékin poussant ses champions locaux — Huawei et Alibaba — auprès des entreprises nationales. Huang voit pourtant dans la région un potentiel de long terme considérable.
Des résultats très attendus le 20 mai
Le 20 mai, Nvidia publiera ses comptes pour le premier trimestre de son exercice 2026. La direction vise un chiffre d’affaires d’environ 78 milliards de dollars, après les 68,1 milliards enregistrés au quatrième trimestre 2025. Les analystes tablent sur une progression de 79 % sur un an. Prudemment, le groupe n’a pas inclus dans ses prévisions les revenus chinois liés aux centres de données.
À Wall Street, l’action évolue autour de 198 dollars, en repli de plus de 8 % par rapport à son récent record. La capitalisation boursière reste néanmoins vertigineuse, à cinq billions de dollars. Le marché des options anticipe un mouvement de plus de 10 % après la publication. Dans l’intervalle, la perspective d’une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping ajoute une couche géopolitique à ces semaines décisives.
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